Le désormais président du Conseil (chef du gouvernement), Faure Gnassingbé, a nommé, mercredi 8 octobre, Badanam Patoki, ancien président de l’Autorité des marchés financiers de l’UEMOA, à la tête d’un méga ministère de l’Economie et de la Veille stratégique
Badanam Patoki succède à Essowè Georges Barcola, ministre des Finances, et qui avait jusque-là, le département dans son portefeuille. Ce ministère a été scindé en deux : d’un côté, les Finances et le Budget, toujours pilotés par Barcola, et de l’autre, le département de l’Economie et la Veille stratégique, placé sous la responsabilité de Patoki.
Cette réorganisation intervient alors que le gouvernement cherche à anticiper les chocs macroéconomiques et à renforcer la planification. Le super ministère de l’Economie et de la Veille stratégique sera chargé «de coordonner la stratégie économique nationale, d’anticiper les risques macroéconomiques, et d’assurer la cohérence entre croissance, endettement et planification du développement.» Mais le portefeuille va bien au-delà. Ce méga pôle économique, regroupe sous son autorité trois ministres délégués : Manuela Modukpe Santos, chargée de la Promotion des investissements, de l’Industrie et de la Souveraineté économique, Robert Kofi Mensah Eklo, ministre délégué de l’Energie et des Ressources minières et Kossi Tenou, en charge du portefeuille du Commerce et du Contrôle de la qualité.
Un passage remarqué à l’AMF-UEMOA
Âgé de 61 ans, Patoki est l’une des figures les plus respectées du secteur financier ouest-africain. Diplômé de l’Université de Poitiers et du COFEB à Dakar, il a commencé sa carrière au sein de l’administration togolaise avant d’intégrer, en 1996, la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO). Il y gravit les échelons, occupant plusieurs fonctions de direction, avant d’être nommé directeur général du Trésor et de la Comptabilité publique du Togo entre 2005 et 2010.
Après un retour à la BCEAO en 2011, il occupe successivement les fonctions d’adjoint au directeur des Relations internationales, puis au directeur du COFEB, avant de devenir en 2016 directeur adjoint de l’UMOA-Titres, où il renforce la gestion des marchés obligataires régionaux. Deux ans plus tard, il revient à Lomé comme Secrétaire général du ministère de l’Economie et des Finances, avant de prendre, en 2021, la tête de l’AMF-UEMOA, l’autorité de régulation du marché financier régional.
A la présidence de l’AMF-UEMOA, Badanam Patoki s’est imposé comme un dirigeant pragmatique, relève notre confrère Ecofin. Sous sa direction, l’institution a renforcé la surveillance des acteurs du marché, promu la transparence et soutenu le développement d’instruments financiers innovants, tels que les obligations vertes et les titrisations.
À la tête du nouveau ministère, Badanam Patoki hérite d’une mission de fond : penser la croissance de demain sans négliger les urgences du présent.
Le Togo affiche une croissance soutenue autour de 6% ces dernières années mais encore trop dépendante de la dépense publique, selon la Banque mondiale. Son défi sera d’accélérer la transformation structurelle, de stimuler l’investissement privé et de mieux articuler la planification économique avec la politique industrielle.
Le nouveau «super ministre» de l’Economie togolais apparaît comme l’un des piliers du nouveau gouvernement, chargé de donner corps à la promesse d’un Togo «plus compétitif, plus souverain et mieux préparé aux incertitudes du monde à venir.»
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