Après les lourdes pertes subies en 2020, les transporteurs aériens africains devraient redécoller financièrement en 2023, selon les toutes dernières prévisions que vient de publier l’IATA (Association internationale du transport aérien). Ils devraient diviser par 3 leurs pertes, à 213 millions de dollars contre 638 millions cette année.
Même si le continent reste très exposé aux difficultés macroéconomiques, la demande des voyages devrait croître de 27,4 % l’année prochaine, bien au-delà de l’augmentation attendue de l’offre qui, elle, serait de 22%. Les compagnies aériennes africaines devraient donc améliorer leurs marges et réduire leurs pertes à 213 millions de dollars en 2023 contre 638 millions en 2022, estime l’Association internationale du transport aérien (IATA) dans son rapport sur les perspectives mondiales du transport aérien. Le trafic « passagers » se rapproche doucement de son niveau d’avant la pandémie du Covid-19. Il s’établirait à 86,3 % du niveau d’avant la crise sanitaire alors que la capacité correspondra à 83,9 % de celle de 2019.
Il va falloir cependant attendre 2024 et peut-être au-delà pour voir les transporteurs aériens du continent renouer avec la rentabilité, soit deux ans de retard par rapport aux compagnies de l’Amérique du Nord. Les compagnies européennes et du Moyen-Orient, elles, retrouveraient le chemin de la rentabilité dès 2023.
L’IATA souligne que «l’Afrique est particulièrement exposée aux difficultés macroéconomiques qui ont accentué la vulnérabilité de plusieurs économies et rendu la connectivité plus complexe », citant notamment l’appréciation du dollar américain par rapport aux autres monnaies, l’envolée de l’inflation, la hausse des prix du carburant et le ralentissement de la croissance mondiale.
A l’échelle mondiale, les pertes nettes de l’ensemble des compagnies aériennes devraient atteindre 6,9 milliards de dollars en 2022. Ces pertes sont toutefois nettement inférieures à celles de 42 milliards de dollars enregistrées en 2021 et de 137,7 milliards de dollars enregistrées en 2020, dans un contexte de flambée de la pandémie du coronavirus.
Retour de la rentabilité au niveau mondial
En 2023, le transport aérien devrait renouer avec la rentabilité à l’échelle mondiale en dégageant des bénéfices cumulés de 4,7 milliards de dollars. Ce résultat représente le premier profit depuis 2019, quand le bénéfice net de l’industrie était de 26,4 milliards. Cette embellie, qui devrait se produire malgré les incertitudes économiques croissantes, découle essentiellement de la hausse prévue du trafic passagers qui dépassera les 4 milliards en 2023, même s’il restera inférieur de 14,5 % à son niveau d’avant pandémie.
Sur le plan régional, les compagnies américaines devraient afficher des bénéfices de 9,9 milliards de dollars en 2022 et de 11,4 milliards en 2023.
En Europe, les compagnies aériennes devraient subir des pertes de 3,1 milliards de dollars en 2022 et réaliser en 2023 des bénéfices de 621 millions de dollars, grâce notamment à une hausse de 8,9% de la demande.
Gravement freinés par la politique zéro Covid de la Chine, les compagnies aériennes d’Asie-Pacifique afficheront des pertes de 10 milliards de dollars en 2022 et de 6,6 milliards en 2023, selon les prévisions de l’IATA.
Au Moyen-Orient, les compagnies aériennes devraient subir des pertes de 1,1 milliard de dollars en 2022 et dégager des bénéfices de 268 millions de dollars en 2023. D’autant plus que la région profitera de changements d’itinéraires en raison de la guerre en Ukraine et de la demande latente.
Les transporteurs d’Amérique latine devraient, quant à eux, enregistrer des pertes de 2 milliards de dollars en 2022 et de 795 millions de dollars en 2023.







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