Alors que le C919 peine encore à s’imposer face à Airbus et Boeing, le Nigeria pourrait devenir l’un des premiers pays hors de Chine à certifier l’avion moyen-courrier de COMAC. Une décision stratégique aux répercussions techniques, économiques et géopolitiques, sur fond de renforcement de l’influence chinoise en Afrique
La Nigerian Civil Aviation Authority (NCAA) a annoncé qu’elle envisageait la certification du C919, le moyen-courrier conçu par l’avionneur public chinois COMAC. Ce processus permettrait l’exploitation de l’appareil sur les lignes domestiques nigérianes, à condition qu’il réponde aux exigences de sécurité locales.
En marge de l’assemblée de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) à Montréal, le Directeur général de la NCAA, Chris Ona Najomo, a confié à Reuters que son agence étudiait la demande de certification du C919. COMAC proposerait en parallèle un accompagnement technique incluant la maintenance, la formation des personnels, ainsi que des contrats de dry lease — des locations d’avions sans équipage.
Le processus, s’il est lancé, devrait durer plusieurs mois. Et les compagnies nigérianes ne sont pas indifférentes à cette perspective : Abdullahi Ahmed, PDG de NG Eagle, a déclaré suivre le dossier avec attention, à condition que le soutien opérationnel et la certification soient garantis.
Un avion chinois encore en quête de reconnaissance
Présenté comme le premier jet de ligne développé en Chine selon les normes internationales, le C919 vise clairement à concurrencer les Airbus A320 et Boeing 737. Il peut accueillir entre 158 et 192 passagers, pour une autonomie allant jusqu’à 5 500 kilomètres.
Depuis son premier vol en 2017, le C919 a franchi des étapes importantes : certification chinoise en 2022, première livraison à China Eastern Airlines la même année, et déjà plus de 2,1 millions de passagers transportés sur 15 200 vols. COMAC affirme que l’appareil atteint un taux de remplissage supérieur à 85 %.
Mais en comparaison, sa diffusion reste limitée : en juin 2024, seuls 20 exemplaires avaient été livrés, loin derrière les cadences industrielles d’Airbus et Boeing. Le C919 reste également en attente de certification par les autorités américaine (FAA) et européenne (EASA), un processus qui pourrait encore prendre plusieurs années.









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