Portée par une amélioration des fondamentaux macroéconomiques, la liquidité bancaire dans l’Union économique et monétaire ouest-africaine a gagné près de 1700 milliards FCFA en un an. Une abondance qui reflète, selon la BCEAO, un secteur financier solide et pleinement mobilisé pour accompagner la croissance.
La liquidité bancaire dans l’UEMOA a progressé d’environ 1700 milliards FCFA (3,02 milliards de dollars) entre 2024 et 2025, a annoncé le gouverneur de la BCEAO, Jean-Claude Kassi Brou, à l’issue de la réunion du Comité de politique monétaire du 3 décembre.
Cette amélioration traduit un assouplissement notable des conditions de financement au sein de l’Union, dans un contexte où l’activité économique reste vigoureuse. «La liquidité bancaire est abondante,» a souligné le gouverneur, estimant que le système financier est «en mesure de soutenir la dynamique économique.» Les crédits au secteur privé ont ainsi progressé de 6% sur un an, confirmant que la croissance s’appuie sur un financement bancaire robuste.
Croissance solide et conjoncture favorable
Au troisième trimestre, le PIB réel de l’UEMOA a progressé de 6,6%, l’un des taux les plus élevés du continent. Cette performance s’appuie sur une excellente campagne agricole, la reprise des services, le dynamisme de l’industrie manufacturière et une envolée de la production d’hydrocarbures, passée de 120 000 à plus de 240 000 barils par jour en 2025.
La hausse des cours de l’or et du cacao a également renforcé les revenus extérieurs de la région, améliorant ses termes de l’échange et réduisant ses besoins de financement externe. Ces éléments ont contribué, directement ou non, à l’accroissement de la liquidité bancaire.
Taux en repli et injections stables
Les données de marché confirment cette détente. Entre juin et octobre 2025, les taux marginaux des opérations de refinancement de la BCEAO ont reculé de 5,5% à environ 3,5–4%. Les montants injectés lors de ces opérations sont restés stables, oscillant entre 7900 et 8100 milliards FCFA.
Bien que les soumissions des banques demeurent supérieures aux volumes alloués, témoignant d’une demande structurelle persistante, l’abondance de liquidités domestiques permet aujourd’hui de mieux satisfaire ces besoins.
Inflation en baisse et position extérieure consolidée
La nette décélération de l’inflation — revenue à –1,3% au troisième trimestre — a aussi contribué à soulager les trésoreries. Le recul des prix internationaux des produits alimentaires et énergétiques, conjugué à une bonne offre agricole locale, a réduit la facture d’importation et renforcé la position extérieure de l’Union. Selon le gouverneur, cette situation stabilise davantage le marché monétaire et les réserves financières.
Un marché interbancaire plus actif
Le marché interbancaire profite pleinement de cette détente. En octobre, ses échanges ont atteint leur plus haut niveau de l’année, à près de 920 milliards FCFA, contre 780 milliards en août. Cette progression traduit une meilleure circulation de la liquidité entre établissements.
Les taux interbancaires s’ajustent également : le taux moyen à une semaine est revenu autour de 4,8%, parfois en dessous du taux directeur, tandis que le taux à un mois s’établit à environ 6%, en léger repli par rapport au début de l’année.











