La Banque africaine de développement (BAD) a investi 332 millions de dollars (5,4 milliards de rands) dans un titre émis en bourse par Standard Bank Group, la première banque commerciale d’Afrique en termes d’actifs. Objectif affiché : élargir le financement des petites et moyennes entreprises sud-africaines, avec une attention particulière pour celles dirigées par des femmes.
L’opération marque une première : la cotation à la Bourse de Johannesburg d’un instrument FLAC à vocation sociale soutenu par une institution de financement du développement en Afrique.
Une obligation sociale d’un genre nouveau
La facilité prend la forme d’un titre FLAC (Financial Loss-Absorbing Capacity), une classe de dette introduite en janvier 2026 par la South African Reserve Bank dans le cadre de la mise en place progressive d’un régime de résolution bancaire. Émis sous la forme d’une obligation sociale cotée à la Bourse de Johannesburg (JSE), c’est le premier instrument FLAC de Standard Bank Group dont le produit est destiné à des projets sociaux. La banque s’est engagée à allouer l’intégralité des 5,4 milliards de rands aux PME, y compris celles dirigées par des femmes, un segment où les écarts d’accès au financement restent marqués. Selon Luvuyo Masinda, directeur général de la banque d’entreprise et d’investissement de Standard Bank Group, les PME sud-africaines comptent environ 3,2 millions d’entreprises et représentent 60 % des emplois du pays.
Un don d’1 million de dollars pour les entrepreneures
En complément, le programme AFAWA (Affirmative Finance Action for Women in Africa) de la BAD a accordé un don d’assistance technique d’1 million de dollars (16 millions de rands), issu du guichet We-Fi. Le dispositif prévoit des outils de paiement numériques destinés à constituer des historiques de crédit vérifiables, ainsi qu’un appui au développement des entreprises et des fournisseurs pour les PME dirigées par des femmes. « Nous nous réjouissons tout particulièrement de ce don sous forme d’assistance technique, qui nous permettra de financer des initiatives clés apportant des avantages directs et concrets aux PME dirigées par des femmes », a souligné Bill Blackie, directeur général de la banque commerciale et d’affaires chez Standard Bank Group.
Un partenariat qui porte ses fruits
L’opération prolonge un partenariat engagé en 2008 entre les deux institutions. En novembre 2024, la BAD avait approuvé une facilité de dette subordonnée de 3,6 milliards de rands en faveur de Standard Bank Group, ainsi qu’un accord de participation aux risques de 200 millions de dollars avec The Standard Bank of South Africa pour soutenir le financement du commerce en Afrique. En décembre 2025, la facilité de 2024 était entièrement utilisée : 5 425 PME soutenues, contre un objectif initial de 4 000, dans l’agriculture, le commerce de détail, le commerce de gros et l’industrie manufacturière. Pour Ahmed Attout, directeur du département du Développement du secteur financier à la BAD, cette nouvelle opération est « conçue pour jouer un rôle catalyseur, encourageant une adoption plus large des meilleures pratiques internationales dans le secteur bancaire sur le continent africain ».





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