L’ancien Président sud-africain, Thabo Mbeki, a indiqué vendredi 25 août qu’il n’est pas prêt à faire campagne pour le Congrès national africain (ANC), en prélude aux élections générales de l’année prochaine, à moins que le parti au pouvoir en Afrique du Sud depuis 1994 ne se renouvelle. Compréhensible. Le parti plus que centenaire – 1912 date de création- de Nelson Mandela et Oliver Tambo ne cesse d’être tiré vers le bas par la corruption à tous les niveaux de ses dirigeants. Exception faite de l’ère Mandela et Mbeki !
S’exprimant lors d’un dialogue organisé par l’École africaine des affaires publiques et internationales, Thabo Mbeki, l’ancien homme d’État sud-africain a critiqué la capacité de l’ANC à respecter ses engagements vis-à-vis du peuple sud-africain, ajoutant qu’il refusait d’induire les gens en erreur.
«Comment vais-je faire campagne l’année prochaine pour dire aux gens de voter ANC, alors que je sais très bien que certaines circonscriptions sont dirigées par des criminels ?», s’est-il interrogé.
Détérioration de la qualité de gouvernance
Il a également tiré la sonnette d’alarme sur l’ampleur de la corruption et les échecs continus de l’État, appelant les masses à «générer suffisamment de pression sur les responsables pour qu’ils s’occupent des problèmes du pays».
Selon lui, la récente résurgence de l’épidémie de choléra dans certaines régions est une illustration de la détérioration de la qualité de la gouvernance dans le pays.
L’ancien président a également fait des allégations explosives à propos de la crise de l’électricité et des délestages électriques récurrents en Afrique du Sud, mettant en cause la compagnie publique d’électricité «Eskom». Selon lui, «la direction de la compagnie aurait délibérément provoqué une crise aigüe de l’électricité dans le pays».
M. Mbeki avait auparavant adressé une lettre au Vice-président de l’ANC, Paul Mashatile, dénonçant l’attitude des membres du parti vis-à-vis du rapport de la Commission parlementaire indépendante sur le scandale Phala Phala impliquant le Président Cyril Ramaphosa.
Dans cette lettre, il a déclaré que le parti s’était comporté comme s’il avait quelque chose à cacher en ce qui concerne l’affaire de la dissimulation présumée du vol d’une importante somme d’argent en devise dans la ferme Phala Phala du Président.
L’ancien chef de l’Etat a fait constater que l’ANC avait utilisé sa majorité au Parlement pour bloquer la création d’un comité multipartite (MPC) pour enquêter si Ramaphosa avait une affaire à répondre selon les conclusions du rapport de la Commission parlementaire.





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