L’Afrique affiche la deuxième meilleure progression en matière de gouvernance selon le Chandler Good Government Index 2026, avec des avancées notables dans la gestion financière et les services publics. Pourtant, le continent demeure la région la moins bien classée à l’échelle mondiale, soulignant le défi persistant de transformer les capacités administratives en résultats concrets pour les citoyens.
L’Afrique monte en puissance gouvernementale, mais peine à convertir l’effort en résultats
L’Afrique s’affirme comme la région la plus dynamique en matière de réforme administrative. Selon le Chandler Good Government Index (CGGI) 2026 publié mercredi 28 octobre 2026, 71 % des pays africains évalués ont amélioré leur score global par rapport à 2025, faisant du continent la deuxième région la plus performante au monde en termes de progrès. Une performance qui masque toutefois une réalité plus contrastée : aucun pays africain ne figure parmi les 50 premières nations mondiales, et 23 des 35 pays du continent se situent en dehors du top 100.
Des avancées dans six piliers sur sept
Les données révèlent une amélioration des scores moyens dans six des sept piliers de l’indice. Les progrès les plus significatifs concernent la gestion financière et le soutien aux populations, traduisant des avancées concrètes dans l’accès à l’éducation et aux soins de santé. « Des capacités publiques renforcées commencent à se traduire par des améliorations tangibles dans la vie des gens », analyse Dinesh Naidu, directeur des connaissances au Chandler Governance Group (CGG). « La tâche consiste désormais à maintenir ces progrès au cours des prochaines années. »
Maurice, Rwanda et Botswana tirent l’Afrique vers le haut
Le classement 2026 confirme la domination de l’île Maurice, 55e mondiale, suivie du Rwanda (62e) et du Botswana (70e). Le Maroc occupe la quatrième place continentale (79e), devant la Tanzanie (80e) et l’Afrique du Sud (85e). Le Rwanda se distingue particulièrement en se hissant au 11e rang mondial pour le leadership et la prospective, devenant le pays à faible revenu le mieux classé de l’indice. Il se situe 61 places au-dessus de ce que son niveau de développement laisserait présager, démontrant que la qualité des institutions peut compenser les contraintes économiques.
Le Rwanda, laboratoire de bonne gouvernance
La publication de ces résultats coïncide avec le lancement de la 13e édition du Rwanda Governance Scorecard à Kigali. Cette séance conjointe entre le CGG et le Rwanda Governance Board (RGB) illustre la volonté du pays des mille collines de s’imposer comme référence en matière d’efficacité administrative. « Les classements constituent un point de départ utile, mais la valeur réside dans l’aide apportée aux gouvernements pour comprendre où ils progressent et où des efforts supplémentaires sont nécessaires », souligne Dinesh Naidu.
Sept nouveaux pays entrent dans l’indice
L’édition 2026 élargit son spectre à 133 pays, représentant 94 % de la population mondiale, contre 120 en 2025. Sept pays africains font leur entrée : le Tchad, la République démocratique du Congo, la Gambie, la Guinée, le Lesotho, le Liberia et le Togo. Cette extension démographique de l’indice permet désormais une comparaison plus fine des capacités publiques à travers le continent, bien que la moyenne régionale africaine demeure inférieure à son niveau de 2021.
Sur le long terme, presque tous les pays africains suivis depuis 2021 ont amélioré leur capacité en matière de données, le Maroc enregistrant les gains les plus importants dans ce domaine. Le Ghana progresse également, soutenu par une gestion financière plus solide, tandis que l’Afrique du Sud maintient sa force relative en matière de lois et politiques robustes (44e mondial) et d’attractivité de marché (48e).
L’outil de diagnostic pour les décideurs
Le CGGI se positionne comme un instrument pratique d’aide à la décision, évaluant 35 indicateurs répartis en sept piliers à pondération égale. Conçu par des praticiens pour des praticiens, il permet aux gouvernements de comparer leur performance, de cerner les lacunes et de s’inspirer des expériences étrangères. « Chaque pays fait face à ses propres défis de gouvernance et est animé par des priorités différentes. Les gouvernements disposés à examiner les données probantes et à apprendre des autres ont toutes les cartes en main pour générer de réelles améliorations », conclut Dinesh Naidu.
Le défi de la pérennisation
Malgré ces signaux encourageants, l’ampleur du défi reste manifeste. Si 61 % des 120 pays évalués sur deux années consécutives affichent des scores supérieurs, seuls 43 % des 104 pays suivis depuis 2021 montrent une amélioration globale sur le long terme. L’Afrique doit désormais transformer ces avancées cycliques en tendances structurelles pour réduire l’écart avec les standards internationaux et améliorer concrètement les conditions de vie de ses populations.











