Cotonou a lancé un projet pilote d’assurance agricole à indice de rendement visant à couvrir 100.000 agriculteurs. Ce mécanisme inédit dans la sous-région, devrait permettre de protéger les agriculteurs contre les pertes de production dues aux aléas climatiques (sécheresse, inondations, maladies des cultures). Mais il va falloir faire beaucoup de pédagogie pour convaincre les milliers de petits exploitants agricoles peu familiers à la culture de la prévention
Contrairement aux assurances traditionnelles qui indemnisent sur la base des pertes réelles subies par un exploitant après une évaluation de terrain, la formule d’assurance repose sur des indicateurs objectifs et mesurables, appelés indices, pour mesurer la production agricole dans une région.
L’effet d’aubaine de l’indice
L’indice est basé sur des données agricoles et des mesures de rendement moyen estimées à partir d’outils technologiques (télédétection par satellite, capteurs météorologiques, modélisation agricole) sur une zone donnée. Si le rendement d’une culture dans une région tombe en dessous d’un seuil prédéfini à cause de conditions climatiques défavorables, tous les agriculteurs assurés dans cette zone reçoivent une compensation, sans qu’il soit nécessaire d’évaluer chaque exploitation individuellement.
Les avantages d’une telle initiative pour les bénéficiaires est notamment la rapidité des indemnisations. Les paiements sont effectués rapidement après la constatation d’une perte, sans de longues enquêtes sur le terrain.
De l’assurance agricole abordable
L’autre avantage est le coût réduit de l’opération. Il y a moins d’intermédiaires et de démarches administratives, ce qui rend l’assurance plus abordable. On note aussi l’accès facile au crédit. Les banques sont en effet plus enclines à financer les agriculteurs, car leurs investissements sont mieux protégés contre les aléas climatiques.
L’ assurance agricole est utilisée dans plusieurs pays africains confrontés aux risques climatiques élevés, mais la mayonnaise a du mal à prendre pour l’instant, malgré la sécurité des revenus qu’elle confère aux petits producteurs en cas de gros sinistre climatique.
Présentée en grande pompe mardi 4 mars, par le ministre béninois de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche, Gaston Cossi Dossouhoui, l’assurance agricole cible 100.000 agriculteurs, notamment les producteurs de riz, de coton et les éleveurs de bétail.
Fruit d’un partenariat public-privé, le projet est soutenu financièrement par la Coopération suisse et la Coopération luxembourgeoise, qui subventionnent 80% des primes d’assurance avec un coût total de 2,37 milliards FCFA. Il est également porté par des partenaires techniques et financiers, notamment NSIA Assurances Bénin et le cabinet International Pula Advisors.
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