Au Bénin, l’emprisonnement des opposants Joël Aïvo et Reckya Madougou a été condamné par l’opposition et la société civile, mais a aussi irrité les chancelleries occidentales.
Les Etats-Unis qui avaient déjà dénoncé une ingérence politique dans le système de justice pénale ont annoncé une réduction de leur aide à Cotonou.
Le gouvernement américain, par le biais de son agence d’aide à l’étranger, le Millennium Challenge Corporation (MCC), a décidé de sanctionner le Bénin en raison « du déclin général sur plusieurs années de l’engagement du Bénin envers les critères d’éligibilité du MCC, et les principes de gouvernance démocratique». La nouvelle a été rendue publique le mercredi 15 décembre, via un communiqué.
Selon le MCC, depuis plusieurs années, le Bénin ne respecte plus certains engagements entrant dans ses critères d’éligibilité. Il a donc décidé de «réduire de manière significative la part du pays dans l’investissement régional» prévu par le MCC.
Washington avait déjà exprimé sa préoccupation quant à la condamnation des opposants Reckya Madougou et Joël Aïvo à de lourdes peines. «Nous sommes alarmés par l’érosion continue de l’espace de dissidence, l’augmentation globale des restrictions à l’autonomie participative et à la liberté d’expression, et le ciblage systématique des personnalités politiques de l’opposition», indique un communiqué du Département d’Etat.
Le Pr. Joël Aïvo, dont la candidature à la présidentielle d’avril 2021 avait été rejetée, a été reconnu coupable de «blanchiment de capitaux» et «atteinte à la sûreté de l’Etat». Il a été condamné à dix ans de prison. Reckya Madougou, ancienne garde des sceaux, a écopé elle, de vingt ans de prison pour «terrorisme».
![Tribune | La carte des fractures : le nexus séparatisme-exclusion -instabilité politique et risque terroriste [Par Pr. Hzaine El Hassane] Les derniers rapports des observatoires de la violence terroriste, ainsi qu'une enquête que nous avons menée, suggèrent deux constats : Primo, l'Afrique est toujours au centre de la carte des attentats des dix dernières années, et le terrorisme est le premier défi à la paix et à la sécurité africaine. Sans surprise, l'Afrique est la région la plus durement touchée, mais des parcours comme celui du Maroc montrent que le terrorisme n'est pas une fatalité et que l'africanité n'en est pas la cause. Secundo, le fléau terroriste est le résultat d'une combinaison de facteurs dont certains relèvent du niveau individuel (milieu familial, âge, éducation, caractère, enrôlement ou isolement, etc.) et d'autres du niveau macro national, qui est le niveau d'analyse choisi pour cet essai. Ni la pauvreté toute seule, ni la mauvaise gouvernance, ni les griefs ethniques, chacun dans son silo, n'expliquent ou ne déterminent ce phénomène : c'est une synergie, un nexus, qui fait qu'un pays bascule ou résiste.](https://afrimag.net/wp-content/uploads/2026/06/Les-chefs-des-agences-de-lutte-contre-le-terrorisme-se-reunissent-a-El-Jadida-320x180.jpg)




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