Peu embarrassé par les précautions de langage diplomatique, le chef de l’Etat ghanéen, Nana Akufo-Addo vient de lâcher une bombe depuis Washington où il participait au sommet Etats-Unis-Afrique. Il a accusé la junte au pouvoir à Ouagadougou de s’être adjoint les services de mercenaires russes du fameux groupe Wagner pour l’aider à combattre les groupes djihadistes en échange de l’exploitation d’une mine d’or située près de la frontière ghanéenne.
«Aujourd’hui, des mercenaires russes se trouvent à notre frontière nord. Le Burkina Faso a conclu un accord avec le Mali pour engager les forces de Wagner là-bas. Je crois qu’une mine dans le sud du Burkina Faso leur a été attribuée en guise de paiement pour leurs services», a déclaré Akufo-Addo à la sortie d’une réunion avec Antony Blinken, le secrétaire d’État américain.
Sans doute briefé par ses services de renseignement, le dirigeant ghanéen a par ailleurs révélé que « le Premier ministre du Burkina Faso, Apollinaire Kyélem de Tambela, s’est rendu à Moscou ces dix derniers jours ».
« Le fait qu’ils [les hommes de Wagner] opèrent à notre frontière nord est particulièrement pénible pour nous au Ghana. Outre le fait que nous n’acceptons pas l’idée que de grandes puissances fassent à nouveau de l’Afrique leur théâtre d’opérations, nous avons une position particulière, que vous connaissez, sur la guerre en Ukraine, où nous avons été très, très audibles et très directs dans notre condamnation de l’invasion russe. Par conséquent, la présence de ce groupe à nos frontières est un sujet d’inquiétude et de préoccupation considérable pour nous », a-t-il affirmé. Pour le moment, la junte burkinabé n’a pas réagi à ces accusations de son voisin.
Les spécialistes de la région du Sahel relèvent au passage que le fondateur du groupe russe Wagner, Evgueni Prigojine avait apporté, début octobre dernier, son soutien au capitaine Ibrahim Traoré, le chef du groupe d’officiers qui a destitué le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba, arrivé au pouvoir par un putsch fin janvier 2022.
![Tribune | La carte des fractures : le nexus séparatisme-exclusion -instabilité politique et risque terroriste [Par Pr. Hzaine El Hassane] Les derniers rapports des observatoires de la violence terroriste, ainsi qu'une enquête que nous avons menée, suggèrent deux constats : Primo, l'Afrique est toujours au centre de la carte des attentats des dix dernières années, et le terrorisme est le premier défi à la paix et à la sécurité africaine. Sans surprise, l'Afrique est la région la plus durement touchée, mais des parcours comme celui du Maroc montrent que le terrorisme n'est pas une fatalité et que l'africanité n'en est pas la cause. Secundo, le fléau terroriste est le résultat d'une combinaison de facteurs dont certains relèvent du niveau individuel (milieu familial, âge, éducation, caractère, enrôlement ou isolement, etc.) et d'autres du niveau macro national, qui est le niveau d'analyse choisi pour cet essai. Ni la pauvreté toute seule, ni la mauvaise gouvernance, ni les griefs ethniques, chacun dans son silo, n'expliquent ou ne déterminent ce phénomène : c'est une synergie, un nexus, qui fait qu'un pays bascule ou résiste.](https://afrimag.net/wp-content/uploads/2026/06/Les-chefs-des-agences-de-lutte-contre-le-terrorisme-se-reunissent-a-El-Jadida-320x180.jpg)




Burkina Faso
Ghana![Tribune | La carte des fractures : le nexus séparatisme-exclusion -instabilité politique et risque terroriste [Par Pr. Hzaine El Hassane] Les derniers rapports des observatoires de la violence terroriste, ainsi qu'une enquête que nous avons menée, suggèrent deux constats : Primo, l'Afrique est toujours au centre de la carte des attentats des dix dernières années, et le terrorisme est le premier défi à la paix et à la sécurité africaine. Sans surprise, l'Afrique est la région la plus durement touchée, mais des parcours comme celui du Maroc montrent que le terrorisme n'est pas une fatalité et que l'africanité n'en est pas la cause. Secundo, le fléau terroriste est le résultat d'une combinaison de facteurs dont certains relèvent du niveau individuel (milieu familial, âge, éducation, caractère, enrôlement ou isolement, etc.) et d'autres du niveau macro national, qui est le niveau d'analyse choisi pour cet essai. Ni la pauvreté toute seule, ni la mauvaise gouvernance, ni les griefs ethniques, chacun dans son silo, n'expliquent ou ne déterminent ce phénomène : c'est une synergie, un nexus, qui fait qu'un pays bascule ou résiste.](https://afrimag.net/wp-content/uploads/2026/06/Les-chefs-des-agences-de-lutte-contre-le-terrorisme-se-reunissent-a-El-Jadida-450x253.jpg)




![Tribune | Après la tempête : le Golfe entre rivalités et réconciliations, quels chemins vers une paix durable ? [Par Pr. El Hassane Hzaine]](https://afrimag.net/wp-content/uploads/2026/06/MO-450x271.jpg)
