C’est un camouflet pour Yaoundé. Le Groupe d’action financière (GAFI) a maintenu le Cameroun sur sa liste grise des Etats et juridictions présentant des lacunes plus ou moins graves dans la lutte contre le blanchiment des capitaux dans une mise à jour publiée le weekend dernier. Figurer sur la liste grise du GAFI signifie que le pays est placé «sous surveillance accrue et s’engage à combler des lacunes stratégiques dans la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme.»
L’organisation intergouvernementale de lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme rappelle que l’inscription d’un pays sur la liste grise ne signifie pas une mise à l’index, ou qu’il est soumis à des mesures drastiques, mais qu’il fait l’objet d’un suivi renforcé. Pour sortir de cette liste qui accroît de facto le coût de conformité pour les banques, les Etats dits «liste grise,» doivent démontrer, dans des délais convenus avec le GAFI, la mise en œuvre effective des mesures correctives.
Depuis juin 2023, le Cameroun s’est engagé à travailler étroitement avec le GAFI et son antenne en Afrique centrale, pour corriger les insuffisances de son dispositif national anti-blanchiment. Selon la note publiée par le GAFI, Yaoundé doit poursuivre la mise en œuvre de son plan d’action, notamment l’alignement des politiques nationales sur l’évaluation des risques, la supervision accrue des institutions financières et le renforcement de la transparence sur les bénéficiaires effectifs des entreprises.
Il est également attendu du Cameroun, une amélioration de l’échange d’informations entre la Cellule nationale de renseignement financier et les autres autorités, et l’intensification des enquêtes sur les infractions de blanchiment et de financement du terrorisme.
D’après le dernier rapport de suivi, seules 8 des 24 mesures convenues ont été «largement concrétisées.» Cette lenteur a même compromis la sortie de la liste grise, initialement envisagée pour septembre 2025. Le maintien du Cameroun sur la liste grise l’expose au risque de désengagement des banques internationales, le coût de conformité devenant très élevé auquel il faut ajouter la hausse du coût de transactions transfrontalières.

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