Malgré un environnement mondial incertain, l’économie africaine devrait poursuivre sa reprise au cours des prochaines années. Portée par une amélioration de la stabilité macroéconomique et une demande intérieure plus dynamique, la croissance du continent africain s’annonce en légère accélération. Les performances resteront toutefois très contrastées selon les régions, prévient l’ONU.
L’Afrique devrait enregistrer une croissance économique moyenne de 4 % en 2026 et de 4,1 % en 2027, après un taux estimé à 3,9 % en 2025.
Une reprise graduelle à l’échelle du continent
Ces perspectives relativement positives s’expliquent par une meilleure stabilité macroéconomique, la progression des investissements locaux et étrangers, ainsi que par le renforcement de la consommation des ménages.
C’est ce qui ressort du rapport «World Economic Situation and Prospect 2026,»publié le jeudi 8 janvier par l’Organisation des Nations unies (ONU). L’institution onusienne met toutefois en garde contre des trajectoires inégales, largement tributaires de l’évolution contrastée des prix des matières premières.
L’Afrique de l’Est, moteur de la croissance
L’Afrique de l’Est devrait conserver son statut de sous-région la plus dynamique du continent. La croissance y est attendue à 5,8 % en 2026 et 5,7 % en 2027, contre 5,4 % en 2025.
Cette performance sera essentiellement tirée par l’Éthiopie et le Kenya, les deux principales économies de la zone, qui devraient afficher des taux de croissance respectifs de 6,3 % et 5,1 %, soutenus par de grands projets d’investissement et une demande intérieure robuste.
Afrique de l’Ouest : l’or compense la faiblesse du pétrole
En Afrique de l’Ouest, la croissance devrait marquer un léger ralentissement en 2026, à 4,4 % contre 4,6 % en 2025, avant de rebondir à 4,7 % en 2027.
La flambée des prix des métaux précieux, notamment de l’or, devrait soutenir le PIB nominal des pays exportateurs et améliorer leurs recettes fiscales et leur balance des paiements. À l’inverse, la faiblesse persistante des cours du pétrole continuera de peser sur les économies dépendantes de l’or noir, freinant leurs marges budgétaires.
Afrique du Nord : un essoufflement sous contraintes financières
La croissance en Afrique du Nord devrait ralentir à 4,1 % en 2026 et à 4 % en 2027, contre 4,3 % en 2025. Ce tassement s’explique par un durcissement relatif des conditions de balance des paiements, susceptible de freiner la demande intérieure dans plusieurs pays.
L’Égypte fait figure d’exception : son PIB est attendu en hausse de 4,5 % en 2026 et de 4,7 % en 2027, porté par les effets attendus des réformes économiques visant à attirer davantage de capitaux étrangers.
Afrique centrale : une croissance durablement en retrait
L’Afrique centrale continuera d’afficher une croissance inférieure à la moyenne continentale. Après 2,8 % en 2025, le taux de croissance devrait atteindre 3 % en 2026 et 3,3 % en 2027.
Les performances de la sous-région demeurent étroitement liées aux industries extractives et à l’évolution des cours des matières premières. Le Tchad, la République du Congo, la Guinée équatoriale et le Gabon restent particulièrement exposés à une baisse prolongée des prix du pétrole.
Afrique australe : des freins structurels persistants
En Afrique australe, la croissance devrait progresser timidement à 2 % en 2026 et 2,2 % en 2027, après 1,6 % en 2025. Cette faiblesse reflète à la fois des contraintes structurelles internes et des chocs externes.
L’Afrique du Sud continue de peser sur les perspectives régionales, confrontée à des problèmes chroniques tels que les pénuries d’électricité, un chômage élevé et les contre-performances des secteurs minier et manufacturier, malgré la hausse des cours de l’or.
Au Botswana et en Namibie, le ralentissement est accentué par la baisse des prix des diamants. Le Lesotho, de son côté, voit son industrie textile fragilisée par les tensions commerciales mondiales, la hausse des droits de douane américains et l’expiration du régime préférentiel de l’AGOA. L’Angola, le Malawi, la Zambie et le Zimbabwe restent quant à eux englués dans une inflation à deux chiffres, contraignant les banques centrales à maintenir des politiques monétaires restrictives.
Des vulnérabilités structurelles toujours présentes
Le rapport de l’ONU souligne que la diversification des partenaires commerciaux a offert au continent une certaine résilience face aux chocs extérieurs. En revanche, la faible diversification des produits exportés demeure une source majeure de vulnérabilité pour de nombreuses économies africaines.
Si l’inflation a reculé par rapport à son pic post-pandémique, elle reste élevée dans plusieurs pays, limitant la capacité d’assouplissement monétaire. Par ailleurs, le poids du service de la dette continue de réduire la marge de manœuvre budgétaire pour les dépenses de développement.
Enfin, la baisse de l’aide publique au développement accordée par les principaux donateurs et la montée des barrières commerciales mondiales pourraient, selon l’ONU, freiner davantage les perspectives de croissance du continent à moyen terme.











