Avec le lancement de la centrale photovoltaïque de Kong, la Côte d’Ivoire franchit une nouvelle étape dans sa transition énergétique. Un investissement de 37 milliards FCFA pour alimenter des centaines de milliers de foyers, créer des emplois et réduire les émissions de carbone. Un projet phare dans une stratégie ambitieuse pour verdir le mix énergétique du pays d’ici 2030
Après les centrales de Boundiali, Ferké Solar et Amea Gontougo, la Côte d’Ivoire poursuit son offensive solaire avec le démarrage des travaux de la centrale photovoltaïque de Kong, au nord du pays. Cette nouvelle infrastructure, d’une capacité de 50 mégawatts, sera dotée de 88 000 panneaux solaires répartis sur une superficie de 80 hectares dans la région du Tchologo. Elle est portée par un consortium d’acteurs majeurs du secteur énergétique dont AXIAN Energy.
L’investissement, estimé à plus de 37 milliards FCFA (environ 65 millions de dollars), permettra à terme d’alimenter près de 380 000 ménages en électricité. La mise en service de la centrale est attendue pour le premier trimestre 2027.
Outre son impact sur l’accès à l’énergie, la centrale solaire de Kong devrait générer plus de 400 emplois directs et indirects pendant les différentes phases du projet. Sur le plan environnemental, les autorités annoncent une réduction annuelle de 55 000 tonnes de CO₂, contribuant ainsi à l’effort mondial de lutte contre le changement climatique.
«Ce projet s’inscrit dans la mise en œuvre du choix stratégique de la Côte d’Ivoire d’accélérer sa transition énergétique, en diversifiant son mix électrique et en renforçant la part des énergies renouvelables,» a déclaré le ministre des Mines, du Pétrole et de l’Énergie, Mamadou Sangafowa-Coulibaly. Le pays ambitionne de porter la part des énergies renouvelables à 45 % de son mix énergétique d’ici 2030, conformément à la vision du Président Alassane Ouattara.
Un modèle de partenariat public-privé gagnant
Le projet de Kong est porté par Kong Solaire, une coentreprise formée par InfraCo Africa, membre du Private Infrastructure Development Group (PIDG), et Africavia. Ce partenariat repose sur un modèle BOOT (Build-Own-Operate-Transfer) : les investisseurs financent, construisent, exploitent la centrale, puis la transfèrent à l’État ivoirien à l’issue d’une concession de 25 ans.
Ce schéma permet de mobiliser efficacement les capitaux privés tout en garantissant, à long terme, la propriété publique de l’infrastructure.
Une ambition nationale solaire affirmée
La centrale de Kong s’inscrit dans un programme plus vaste : 12 centrales solaires sont prévues d’ici 2030 pour une capacité totale de 1 044 MW. Une dynamique saluée à l’international. En octobre, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) a classé la Côte d’Ivoire parmi les rares pays d’Afrique subsaharienne à avoir connu une progression constante de l’électrification ces dernières années, malgré une stagnation observée à l’échelle mondiale.





Côte d’Ivoire
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