fbpx

Croissance : La Cédéao résiste, la Cemac à la peine

Pinterest LinkedIn Tumblr +

Dans ses traditionnelles prévisions d’automne, la Banque mondiale a revu à la baisse la croissance de l’Afrique sub-saharienne qui devrait s’établir à 3,3% cette année, soit un recul de 0,3 point par rapport à la prévision d’avril 2022, et -0,8 point comparé à la performance de 2021.

Cette trajectoire baissière que suit la croissance s’observe dans un contexte économique et géopolitique mondial tendu, sur fond de conflit entre l’Ukraine et la Russie et d’un ralentissement de l’économie mondiale. Toutefois, le degré d’exposition aux chocs varie d’un pays à l’autre et se traduit par des performances économiques très hétérogènes, relèvent les analystes du groupe français Crédit Agricole. Ainsi, la croissance dans la sous-région d’Afrique de l’Est (hors Afrique du Sud et Angola) est estimée à 3,6% en 2022 avant d’accélérer à court terme pour atteindre 4,5% en 2023 et 5% en 2024. En parallèle, les performances de l’Afrique de l’Ouest (hors Nigeria), bien que revues à la baisse, seront meilleures, avec une croissance du PIB de 4,2% cette année, 5% (-0,6 point par rapport à avril) en 2023, et 5,6% (-0,4 point par rapport à avril) en 2024. Par ailleurs, l’activité économique dans les pays de l’Union monétaire ouest-africaine (Uemoa) devrait ralentir cette année, à 4,9% (contre 5,6% en 2021), avant de se redresser en 2023 (6,4%) et 2024 (7%).

L’Angola bénéficie de la flambée des hydrocarbures

Enfin, la performance la plus faible s’observe dans les pays de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac), avec une croissance de 3,3% en 2022 et 3,1% en 2023. Globalement, la croissance devrait se raffermir en 2023 et 2024 dans la région pour atteindre 3,5 % et 3,9%, respectivement. Par ailleurs, les trois plus grandes économies d’Afrique sub-saharienne affichent des performances économiques très disparates elles aussi. Ainsi, profitant de la hausse des cours des hydrocarbures et de l’augmentation des volumes de production de pétrole, l’économie angolaise devrait croître de 3,1% en 2022 (+0,3 point par rapport aux prévisions d’avril). À l’inverse, la croissance au Nigeria sera moins marquée que prévu (-0,5 point), soit 3,3% en 2022. Cette dégradation de prévision s’explique principalement par le ralentissement du secteur pétrolier dans un pays qui n’a pas su tirer profit des prix élevés du pétrole.

De même, la croissance sud-africaine se dégrade en perdant 0,2 point et ne devra atteindre que 1,9% pour l’année 2022, une baisse justifiée par le ralentissement de l’économie observé au deuxième trimestre de 2022 en raison des pannes de courant récurrentes et des inondations survenues dans la province de KwaZulu-Natal. En revanche, l’activité économique décélérera en 2023 dans les trois pays, à +2,8% pour l’Angola, +3,2% pour le Nigéria et +1,4% pour l’Afrique du Sud.

L’insécurité alimentaire se répand 

Enfin, la conjoncture économique et géopolitique volatile et incertaine contribue au creusement des inégalités et augmente l’insécurité alimentaire endémique de l’Afrique sub-saharienne. De plus, les conditions météorologiques catastrophiques (inondations, sécheresses…), en particulier dans la Corne de l’Afrique, couplées à des conflits récurrents ne font qu’empirer la situation. La Banque mondiale attire ainsi l’attention sur la lutte contre la faim en Afrique sub-saharienne dans un contexte de forte croissance démographique. D’après l’institution, en 2021, le nombre de personnes souffrant d’insécurité alimentaire sévère s’élevait à 294 millions, contre 243 millions en 2019.

Partager.

Répondre