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Dossier – L’Afrique,  la prochaine frontière mondiale du développement industriel 

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En Afrique, le chemin de la prospérité passe par le développement industriel. Avec sa main-d’œuvre jeune, ses abondantes ressources naturelles et ses marchés intérieurs en pleine croissance, le continent dispose du potentiel nécessaire pour devenir la prochaine frontière mondiale du développement industriel s’il parvient à surmonter certains obstacles structurels persistants, selon le premier rapport sur l’indice de l’industrialisation en Afrique de la Banque africaine de développement (BAD) réalisé en collaboration avec l’Union africaine (UA) et l’Organisation des Nations unies pour le développement industriel (ONUDI). Les détails.

Dossier réalisé par Drissa Traoré & James Ramarosaona

Trente-sept des cinquante-deux pays africains ont vu leur niveau d’industrialisation s’accroître au cours des onze dernières années, selon un nouveau rapport publié par la Banque africaine de développement (BAD), l’Union africaine (UA) et l’Organisation des Nations unies pour le développement industriel (ONUDI).  Intitulé  «Indice 2022 de l’industrialisation en Afrique», l’étude fournit une évaluation à l’échelle nationale des progrès réalisés par les 52 pays africains sur la base de 19 indicateurs clés.

L’Indice de l’Industrialisation en Afrique (IIA), présenté dans sa première édition, est une initiative phare de la BAD visant à améliorer la connaissance sur les facteurs et les moteurs du développement industriel. Il donne la toute première vue d’ensemble des progrès industriels réalisés sur le continent, en couvrant 52 des 54 pays africains sur la période 2010–2019. Nul doute qu’il permettra aux gouvernements africains d’identifier des pays de référence afin de mieux évaluer leurs propres performances industrielles et d’identifier plus efficacement les meilleures pratiques.

Industrie de l'armement en Afrique du Sud

Industrie de l’armement en Afrique du Sud

Evaluation de l’industrialisation sur la base d’une série de paramètres

Les 19 indicateurs de l’indice couvrent les performances manufacturières, le capital, la main-d’œuvre, l’environnement des affaires, les infrastructures et la stabilité macroéconomique. L’indice établit également un classement du niveau d’industrialisation des pays africains selon trois axes : les performances, les déterminants directs et indirects. Les déterminants directs comprennent les dotations en capital et en main-d’œuvre et la manière dont elles sont déployées pour stimuler le développement industriel. Les déterminants indirects comprennent les conditions environnementales favorables telles que la stabilité macroéconomique, des institutions et des infrastructures solides.

Soulignant que le chemin de la prospérité de l’Afrique passe par le développement industriel, le rapport estime que plusieurs conditions sont désormais réunies pour le décollage de l’industrie sur le continent, dont les progrès notables en matière de stabilité, la forte proportion des jeunes dans la population, la hausse des investissements, domestiques et étrangers, et l’évolution rapide vers un espace économique intégré grâce à la  Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf), qui constitue une opportunité inédite de créer un marché unique de 1,3 milliard de personnes et de générer des dépenses cumulées des consommateurs et des entreprises pouvant atteindre 4 000 milliards de dollars.

D’importants obstacles structurels restent cependant à surmonter comme l’insuffisance des infrastructures, l’accès au financement, l’amélioration du climat des affaires et la formation des travailleurs, notamment dans le domaine des compétences numériques.

Production automobile au Maroc

Production automobile au Maroc

Le rapport intitulé «Indice 2022 de l’industrialisation en Afrique » fournit la toute première vue d’ensemble exhaustive des progrès réalisés par 52 pays africains au cours des onze dernières années en matière de développement industriel en se basant sur 19 indicateurs couvrant les performances manufacturières, le capital, la main-d’œuvre, l’environnement des affaires, les infrastructures et la stabilité macroéconomique. Dans ce cadre, une note est attribuée à chacun des pays étudiés sur une échelle qui va de 0 (moins bonne) à 1 (meilleure).

Les pays couverts par l’indice sont répartis en cinq quintiles : supérieur, moyen supérieur, moyen, moyen inférieur et inférieur.

Au total, 37 des 52 pays étudiés (les données ne sont pas disponibles pour la Somalie et le Soudan du Sud) ont amélioré leurs notes. Avec un score de 0,8404, l’Afrique du Sud est restée le pays le plus industrialisé du continent tout au long de la période 2010-2021. Le Maroc (0,8327) occupe le deuxième rang devant l’Egypte (0,7877), la Tunisie (0,7714), Maurice (0,6685) et l’Eswatini (0,6423).

Ces pays ont figuré dans le Top 6 au cours de la période 2010–2021, à l’exception des années 2015, 2016 et 2018, lorsque le Congo (2015 et 2016) puis la Namibie (2018) ont temporairement ravi la 6è position à l’Eswatini.

Djibouti et le Bénin réalisent les meilleures progressions

Les six pays les plus performants enregistrent toutefois une baisse de leur score par rapport à 2010, à l’exception de l’Egypte et du Maroc qui ont graduellement ravi la 3è puis la 2è place à la Tunisie, passée de la 2è position en 2010 à la 4è en 2021.  

Le rapport révèle également que le Sénégal, le Kenya, le Nigeria et la Namibie ont intégré en 2021 le Top 10 des pays africains les plus performants en matière d’industrialisation sans pour autant améliorer tous leurs scores comparativement à 2010.

Si l’on compare la situation des trois dernières années à celle de 2010, certains pays ont réalisé d’importants progrès en matière de développement industriel.

Du point de vue du classement, Djibouti, le Bénin, le Mozambique, le Sénégal, l’Ethiopie, la Guinée, le Rwanda, la Tanzanie, le Ghana et l’Ouganda ont été les pays ayant réalisé les progrès les plus importants. Chacun de ces pays a gagné au moins cinq rangs au cours de la période sous-revue. Les plus fortes progressions ont été réalisées par Djibouti, qui est passé du 50è au 33è rang ainsi que par le Bénin, qui a atteint la 18è position en 2021 après avoir occupé le 32è rang en 2010.

Les plus performants et les principaux perdants

L’Afrique du Sud est l’économie la plus proche du score maximal qui est de 1 avec 0,8404 pour le développement industriel en 2021. La performance du pays s’est toutefois érodée dans la dernière décennie, depuis qu’en 2010 il a obtenu le score de 0.8957, le plus haut enregistré dans la décennie tous pays confondus. Son score s’est réduit à 0,1596 en 2021, éloignant le pays de la frontière de 1, ce qui montre qu’il conserve encore d’importantes marges de progression (Tableau 6). Le Maroc (0,8327), l’Egypte (0,7877), la Tunisie (0,7714), Maurice (0,6685) et Eswatini (0,6423) complètent la liste des six pays les plus performants. 

Le classement de ces six pays les plus performants est demeuré inchangé au cours de la période considérée 2010–2021, l’Afrique du Sud se maintenant en tête de peloton, à l’exception de l’année 2015, 2016 et 2018, lorsque le Congo (2015 et 2016) puis la Namibie (2018) ont temporairement ravi la 6ème position à Eswatini. Tous ces pays enregistrent toutefois une baisse de leur score par rapport à 2010, à l’exception de l’Egypte et du Maroc qui ont graduellement ravi la troisième puis la deuxième place à la Tunisie, qui a chuté de la deuxième position en 2010 à la quatrième en 2021. En 2010, les 10 pays les plus performants comprenaient la Namibie (0,6106), la Libye (0,6028), la Guinée équatoriale (0,5949) et le Nigeria (0,5766). En 2021, c’était le Sénégal (0,6147), le Nigeria (0,6046), le Kenya (0,6029) et la Namibie (0,6014) qui ont rejoint le groupe, tandis que la Libye et la Guinée équatoriale en sont sortis.

Si l’on compare la situation des trois dernières années à celle de 2010, certains pays ont réalisé d’importants progrès en matière de développement industriel. Du point de vue du classement, Djibouti, le Bénin, le Mozambique, le Sénégal, l’Ethiopie, la Guinée, le Rwanda, la Tanzanie, le Ghana et l’Ouganda ont été les pays les plus performants, chacun ayant gagné au moins cinq places au cours de la période considérée. La progression du Bénin s’explique par le renforcement de l’investissement en capital et la qualité des politiques menées, qui ont créé un environnement propice à l’industrialisation. Djibouti, l’Érythrée et la Mauritanie ont connu une amélioration de la compétitivité de leur secteur manufacturier. Les économies de la Guinée, du Sénégal et du Gabon ont affiché des progrès dans le secteur industriel grâce aux importantes contributions simultanées des trois composantes de l’IIA, à l’exception de ce dernier pays qui a connu une légère détérioration des conditions de l’industrialisation. S’agissant du Mozambique, l’amélioration s’explique essentiellement par les déterminants directs, le pays étant passé du quintile moyen inférieur au quintile supérieur.

L’Angola, le Mali, le Congo, le Cap-Vert, le Soudan, les Seychelles, le Malawi, le Zimbabwe, le Lesotho et le Niger ont accusé les plus fortes régressions au niveau du classement, chacun de ces pays ayant perdu au moins quatre rangs entre 2010 et 2021.

Les dix derniers pays au titre de l’Indice de l’industrialisation en Afrique sont restés généralement les mêmes au cours de la période 2010-2021.  Six pays (Burundi, République centrafricaine, Comores, Gambie, Guinée-Bissau et Sierra Leone) se sont maintenus dans le quintile inférieur chaque année, et trois pays (Tchad et Sao Tome & Principe en 2010, Erythrée en 2012) l’ont quitté seulement une année.

Classement 2022 des pays les plus industrialisés en Afrique, selon la BAD

Classement 2022 des pays les plus industrialisés en Afrique, selon la BAD

Les conditions sont réunies pour un décollage, mais…

Si les progrès ont été lents jusqu’à présent, l’Afrique offre aujourd’hui un environnement prometteur pour le développement industriel, souligne l’étude. L’Afrique est de plus en plus stable et de mieux en mieux gouvernée. Cela se reflète dans la solide croissance affichée par le continent au cours des deux dernières décennies. La gestion économique s’est améliorée, ce qui favorise la stabilité macroéconomique et une meilleure utilisation des ressources publiques. Les services de base se sont développés, permettant au continent de disposer d’une main-d’œuvre en meilleure santé et plus instruite. Par ailleurs, l’accès aux services financiers ne cesse de s’améliorer. L’Afrique a la population la plus jeune de tous les continents et, d’ici 2050, elle abritera la plus grande réserve de main-d’œuvre du monde. La croissance rapide de la main-d’œuvre est une ressource essentielle pour l’Afrique, qui est, de ce fait, bien placée pour se lancer dans les activités manufacturières à forte intensité de main-d’œuvre. À mesure que le coût de la main-d’œuvre augmente en Chine et dans d’autres économies émergentes, l’Afrique devrait bénéficier d’un avantage croissant en la matière, prédit le rapport. Un ratio travailleur-personne à charge favorable stimulera également la croissance. La nouvelle génération d’Africains est plus instruite et en meilleure santé que toutes les générations précédentes. Toutefois, l’Afrique ne tirera parti de ce dividende démographique que si elle peut doter sa jeunesse des compétences dont les entreprises ont besoin, prévient le rapport.

L’Afrique est une destination d’investissement de plus en plus attractive pour les investisseurs tant étrangers que nationaux. Bien qu’il soit encore faible en termes absolus, l’Investissement direct étranger (IDE) a augmenté rapidement et s’oriente de plus en plus vers l’industrie manufacturière et les services. Des grandes villes africaines telles que Le Caire, Lagos, Johannesburg et Nairobi attirent l’investissement, créant des nœuds qui relient les marchés africains aux chaînes de valeur mondiales.

Croissance des industries du marché intérieur

À la faveur de la croissance de la classe moyenne urbaine, de nombreux pays africains connaissent une forte augmentation de la demande intérieure de produits manufacturés. Selon les estimations, l’Afrique pourrait accroître sa production manufacturière de 322 milliards de dollars d’ici 2025, simplement en répondant à la demande intérieure croissante, en particulier pour les aliments, les boissons et leurs produits transformés. De nombreux pays africains privilégient désormais les secteurs industriels faisant l’objet d’une forte demande locale pour réduire leur dépendance à l’égard des importations. L’industrie de l’alimentation et des boissons domine à présent le secteur manufacturier au Nigeria, au Rwanda, au Kenya et en Éthiopie. Elle enregistre également une forte croissance en Tanzanie, en Ouganda et en Zambie, compensant la régression des autres industries manufacturières face à la forte concurrence des exportateurs asiatiques. La croissance de l’agro-industrie s’est révélée un important générateur d’emplois. Au Kenya par exemple, le secteur des fruits, légumes et fleurs coupées emploie environ 200 000 personnes dans les domaines de la culture, de la transformation et de la logistique, tout en engendrant plus d’1 milliard de dollars de recettes d’exportation chaque année. Il existe également un potentiel dans le secteur de l’habillement. Par exemple, la Tanzanie est le plus grand producteur de coton d’Afrique de l’Est. Mais la majeure partie de ce coton est exportée, alors même que les producteurs nationaux de vêtements importent du tissu. Le gouvernement tente de remédier à ce problème par le biais de sa Stratégie de promotion des vêtements en coton 2016–2020, qui met l’accent sur l’intégration de la chaîne de valeur, la transformation nationale et la promotion de l’utilisation de textiles produits au niveau local.

Aliko Dangote et Akinwumi Adenisa

Ici Aliko Dangote et Akinwumi Adenisa, Président de la BAD, en visite à la Dangote Oil Refinery d’un coût évalué à plus de 15 milliards de dollars. La raffinerie est dotée d’une capacité de traitement de 650.000 barils par jour, ce qui la place au 6e rang mondial et au 1er rang africain.

Sur l’ensemble du continent, la croissance des centres urbains et des classes moyennes crée de nouveaux marchés pour les biens de consommation, ainsi que de nouvelles opportunités pour les industries nationales (voir encadré). On voit poindre également la tendance prometteuse des entreprises asiatiques à transférer leurs opérations manufacturières en Afrique, et de plus en plus d’investisseurs sont attirés par l’amélioration du climat des affaires et la main-d’œuvre abordable de l’Afrique.

C’est dans ce contexte que Djibouti, la Guinée et la Mauritanie ont amélioré leur niveau de développement industriel, pour se hisser durablement dans le quintile moyen inférieur à partir de 2015, 2017 et 2011 respectivement, tandis que le Malawi a chuté dans le quintile inférieur à partir de 2017.

En 2021, les dix derniers pays dans le classement étaient le Malawi (0,4229), São Tomé & Príncipe (0,4198), le Tchad (0,4178), les Comores (0,4078), l’Erythrée (0,4041), la République centrafricaine (0,4018), la Sierra Leone (0,3777), la Guinée-Bissau (0,3663), le Burundi (0.3483) et la Gambie (0,3455).

L’analyse régionale fait d’autre part ressortir que l’Afrique du Nord (score moyen : 0,6594) s’affirme comme la région la plus avancée en matière de développement industriel en Afrique, suivie de l’Afrique australe (0,5649), de l’Afrique centrale (0,5020), de l’Afrique de l’Ouest (0,4887) et de l’Afrique de l’Est (0,47602). Le classement de ces cinq régions est resté inchangé au cours de la période 2010–2021.

cessité d’adopter une politique industrielle plus active

L’IIA révèle que des foyers d’industrialisation apparaissent dans toute l’Afrique et qu’un certain nombre de pays accomplissent des progrès constants dans la mise en place des éléments essentiels à la transformation industrielle. Toutefois, d’une manière générale, le rythme du développement industriel demeure trop lent. Les emplois ne sont pas créés au rythme requis pour satisfaire les besoins d’une population en pleine croissance et permettre aux pays de tirer parti du dividende démographique qui en résulte.

Un consensus émerge selon lequel les pays africains doivent adopter des politiques industrielles plus proactives pour favoriser la croissance dans les secteurs les plus prometteurs, relève l’étude. Les politiques industrielles sur le continent africain ont une histoire controversée, souligne le rapport. Pendant de nombreuses années, les gouvernements africains ont été appelés à limiter leur intervention à la création des conditions de concurrence équitables pour les investisseurs privés. Ces dernières années, cependant, un certain nombre de pays africains  (notamment le Ghana, l’Éthiopie et Maurice) ont commencé à collaborer avec le secteur privé pour identifier et soutenir les industries naissantes, sur la base d’analyses prospectives sur leur potentiel de croissance. Ils s’emploient à élaborer de nouveaux instruments politiques qui leur permettent de réaliser des investissements ciblés dans les infrastructures et les compétences, d’aider les entreprises à accéder aux capitaux, à la technologie et aux marchés d’exportation, et d’établir des liens entre fabricants, investisseurs et clients. Bien que ces initiatives ne soient qu’à leurs débuts, il existe de bonnes raisons de penser que des interventions de ce type sont essentielles pour donner un élan nouveau à l’industrialisation de l’Afrique.

Les pays les plus performants au niveau du classement

Les pays les plus performants au niveau du classement

 

Dossier réalisé par Drissa Traoré & James Ramarosaona

Notes de l’Indice par sous-région

  • Afrique du Nord

industrie textileL’Afrique du Nord est la sous-région la plus performante au titre de l’IIA. Trois des six pays qui la composent se classent parmi les 10 pays les plus performants pour l’Indice, et sa note moyenne est d’environ 0,7. Le Maroc, l’Egypte et la Tunisie obtiennent de bons résultats pour chaque sous-composante de l’IIA. Ces bons résultats sont le reflet d’une longue histoire d’efforts nationaux pour promouvoir les principales industries et créer des infrastructures solides, soutenus par un renforcement de la politique industrielle au cours de la dernière décennie, les gouvernements élaborant de nouveaux outils politiques pour soutenir les industries naissantes et réduire la dépendance des importations. Au rang des principales industries de la région figurent les industries de traitement chimique inorganique, de fabrication d’engrais, de l’automobile, de composants d’appareils électriques, ainsi que l’industrie textile. La Libye et l’Algérie ont encore du chemin à parcourir pour atteindre l’objectif de diversification hors hydrocarbures. La sous-région tire parti de sa proximité immédiate avec l’Union européenne, mais elle gagnerait à renforcer la connectivité entre ses pays membres et à améliorer les corridors Nord-Sud avec l’arrière-pays et le reste du continent africain.

  • Afrique centrale

L’Afrique centrale est l’une des régions les plus riches en ressources du continent, ce qui tend à freiner le développement industriel en augmentant la valeur des monnaies locales et rendant moins compétitives les exportations. Le piètre état des infrastructures et la persistance des conflits au cours des 30 dernières années dans des parties enclavées de la sous-région, notamment la République centrafricaine, le Tchad et l’Est de la République démocratique du Congo, ont contribué au sous-développement des infrastructures et au caractère peu propice du climat des affaires. La Guinée équatoriale, qui figurait en 2010 parmi les dix pays les plus performants du continent, est à présent distancée par le Gabon.

  • Afrique de l’Est

industrie numériqueL’Afrique de l’Est compte la moitié des meilleures progressions de la période 2010-2021 (Djibouti, Ethiopie, Rwanda, Tanzanie, Ouganda). Malgré cette tendance positive, la région demeure créditée du score moyen de l’IIA le plus faible du continent. Des niveaux élevés d’intégration régionale et d’investissement dans les infrastructures et la promotion du commerce ont favorisé le développement de chaînes de valeur solides dans les secteurs du textile et de l’horticulture, notamment en Éthiopie, en Tanzanie et au Kenya. Les pays de la région ont également pu tirer parti des avantages des ZES comme outil de promotion du développement économique. La région, en particulier le Kenya, est un leader en matière de numérisation. Par ailleurs, des pays comme l’Ethiopie, le Rwanda et la Tanzanie ont redéfini les priorités de l’industrialisation dans leurs derniers plans de développement, l’objectif général étant de créer des emplois de qualité.

  • Afrique australe

L’Afrique australe est dominée par les niveaux élevés de développement industriel de l’Afrique du Sud, le pays le plus performant au titre de l’IIA de cette année. Bien que cette situation crée un déséquilibre dans la région, entraînant des taux élevés de migration de la main-d’œuvre, elle contribue également à stimuler le développement industriel dans toute la sous-région par le truchement des échanges commerciaux et de la production intégrée. L’Afrique du Sud est le principal partenaire commercial de ses voisins régionaux. Par ailleurs, la région dispose de chaînes de valeur régionales bien développées pour les équipements et les services liés à l’exploitation minière, qui profitent aux pays riches en minéraux (Botswana, Zambie, Zimbabwe et Mozambique). Par ailleurs, la SADC a joué un rôle primordial dans la promotion de l’industrialisation à l’échelle régionale. Parmi les autres pays performants de la région figurent Eswatini, qui a dégagé un excédent commercial dans le secteur manufacturier et reste parmi le quintile supérieur, et la Namibie, qui a particulièrement bien réussi en matière de création d’emplois dans ce secteur.

  • Afrique de l’Ouest

L’Afrique de l’Ouest est une région vaste et diversifiée. Sur ses 15 pays, le Sénégal et le Nigeria se classent parmi les 10 pays les plus performants au titre de l’IIA. La Côte d’Ivoire et le Ghana, qui bénéficient d’importantes économies côtières, ont réalisé des progrès constants. Tous trois investissent massivement dans la relance de l’industrie afin de desservir des marchés intérieurs en pleine croissance. En outre, la région bénéficie d’une intégration économique croissante. Huit pays de la région sont regroupés au sein d’une union monétaire, dont le périmètre devrait s’étendre à l’ensemble des 15 pays de la CEDEAO à partir de 2027. Cela offre la possibilité de promouvoir le développement industriel grâce à des économies d’échelle et à une plus grande spécialisation des

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