C’est au détour d’une intervention à la «West African Refined Fuel Conference,» organisée à Abuja le 22 juillet, que l’industriel et milliardaire nigérian Aliko Dangote a lancé une violente charge contre ce qu’il qualifie «d’afflux massif de carburants russes à prix cassés» en Afrique de l’Ouest. Selon les données de juin 2025, les exportations russes de diesel et de gasoil vers l’Afrique se sont élevées à environ 700.000 tonnes, en baisse de 30%
A en croire l’industriel nigérian qui a investi 20 milliards de dollars dans une méga raffinerie dans son pays, ces produits, souvent toxiques, ne respectent pas les standards en vigueur en Europe ou en Amérique du Nord. Ils représentent non seulement une menace pour une industrie de raffinage compétitive sur le continent, mais également, pour la santé publique, a-t-il mis en garde. Selon l’Organisation mondiale de la Santé, 3,7 millions de personnes meurent chaque année de la pollution de l’air, due aux particules présentes dans les gaz d’échappement.
Le port de Lomé, un hub de produits pétroliers « frelatés»
Le milliardaire nigérian accuse ouvertement le port de Lomé, d’être un hub stratégique où seraient stockés plus de 2 millions de barils de ces produits pétroliers « frelatés », avant leur redistribution vers différents marchés de la sous-région.
Profitant d’une réglementation souple, ou plutôt laxiste, où les normes d’émission et de qualité sont quasi inexistantes, les traders internationaux écoulent sur les marchés africains des carburants non conformes en Europe. Le continent serait ainsi devenu une sorte de dépôt-citerne pour carburants indésirables sur les marchés européens alors même que le continent produit environ 7 millions de barils de brut par jour, mais n’en raffine localement que moins de 40 %.
Pour Dangote, ce contexte constitue un frein au développement du raffinage africain. Sa propre raffinerie a commencé à exporter, mais se heurte à la concurrence des produits importés à bas prix, «sans normes uniformes,» qui saturent le marché.










![Édito | Transport aérien : faut-il avoir peur de la guerre dans le Golfe ? [Par Jean-Louis Baroux] Il y a d’abord le récurent problème de l’approvisionnement en carburant. Un très bon article d’Air Journal éclaire la situation européenne. 70% du carburéacteur consommé en Europe provient du Moyen-Orient et en particulier du complexe Al Zour du Koweit. Il est clair que cette source de fourniture de Jet A ou Jet A1 va être singulièrement réduite tant que le détroit d’Ormuz ne sera pas réouvert à la navigation et cela peut prendre plusieurs mois après la fin des hostilités, qui elle, n’est pas pour demain.](https://afrimag.net/wp-content/smush-webp/2026/04/Zour-450x244.jpg.webp)
