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Entretien avec : Chiaka Berthé, Directeur général des opérations pour l’Afrique de l’Ouest de Barrick

Depuis le début de l’année, un géant mondial est né dans l’industrie aurifère avec la fusion entre Randgold Resources et Barrick. La nouvelle entité issue de cette opération hérite des compétences de chacune de ces deux grandes compagnies. En Afrique, il n’est pas besoin de créer une compagnie, l’expérience réussie de Randgold devrait servir à l’ensemble des filiales du groupe, y compris les ex-participations de Barrick. Entretien.

Barrick-Randgold : dix mois après, de l’or en fusion

AFRIMAG : En acquérant en 2019 son concurrent Randgold Resources, Barrick réalise son objectif d’être le leader de l’industrie aurifère mondiale. L’opération de fusion-acquisition a été concrétisée le 1er janvier 2019. Plus de 10 mois après, qu’est-ce qui a changé et qu’êtes-vous en train de mettre en œuvre?

Chiaka Berthé, Directeur général des opérations pour l’Afrique de l’Ouest de Barrick

Chiaka Berthé, Directeur général des opérations pour l’Afrique de l’Ouest de Barrick

Chiaka Berthe : La fusion entre Barrick Gold et de Randgold Resources a réuni les meilleures compétences de l’industrie minière aurifère, cinq des dix plus importants actifs aurifères du monde et un solide bilan pour la société issue de la fusion.

Dans les dix mois qui ont suivi la fusion, Barrick a combiné ses actifs dans Nevadan avec ceux de Newmont Goldcorp pour mettre en place une joint-venture qui est de loin le premier producteur d’or au monde.

Elle a également pris de nouvelles participations dans Acacia Mining. L’objectif est de rendre efficace, avec des coûts optimisés et rentables, l’exploitation des actifs aurifères détenus par Acacia Mining en Tanzanie.

Sous l’autorité de l’ancien Directeur général de Randgold, Mark Bristow, qui a rejoint Barrick au rang de P-dg, nous formons une seule et même équipe totalement intégrée.

Quel sera l’impact en Afrique de cette fusion-acquisition, la plus importante depuis des années sur l’industrie aurifère mondiale, aussi bien pour Randgold Resources que pour les pays, respectivement en termes d’outil de production et de retour sur investissement?

La fusion entre Randgold Resources et Barrick Gold avait pour objectif de créer une compagnie aurifère de premier plan, regroupant les actifs les plus importants du secteur, opérant avec les plus bas coûts de revient, en comparaison avec les acteurs du secteur de l’or, et disposant d’un portefeuille d’actifs diversifié, en phase de croissance dans plusieurs zones aurifères les plus productives du monde.

Aujourd’hui, la fusion a mis en exergue un potentiel énorme dans la ceinture aurifère du Nevadan aux États-Unis grâce à la récente joint-venture avec Newmont Goldcorp. Cette dernière devrait permettre de réaliser 500 millions de dollars US d’économies par an sur cinq ans grâce aux synergies devant provenir de la planification minière intégrée, l’optimisation des activités d’extraction et de traitement et, enfin, la réduction des coûts.

Pour ce qui concerne l’Afrique, aux opérations de Barrick, auparavant détenues par Acacia, nous comptons nous servir de l’expérience réussie de Randgold en matière de partenariat avec les communautés locales et les gouvernements de nos pays hôtes. L’objectif étant de générer de la valeur pour tous, tout en renforçant la confiance des investisseurs dans le secteur de l’extraction de l’or sur le continent.

Après cette fusion, envisagez-vous de mettre en place une nouvelle entité en Afrique?

Il n’y aura pas de nouvelle entité en Afrique. Les activités de Barrick Gold sont reparties entre trois (3) zones que sont : l’Amérique du Nord, l’Amérique Latine et l’Australie-Pacifique et enfin l’Afrique et le Moyen-Orient.

Chaque région est sous la responsabilité pleine et entière d’un directeur d’exploitation hautement qualifié qui en assume la gestion.

Cette structure décentralisée est basée sur l’ancienne culture d’entreprise de Randgold. Les actifs africains de Randgold, ainsi que ceux acquis dans le cadre du rachat d’Acacia, sont rattachés au département Afrique et Moyen-Orient.

Qu’en est-il de vos perspectives de développement en Afrique?

Nous continuons à investir dans l’exploration en Afrique, en particulier au Mali, en Côte d’Ivoire, au Sénégal, en RD. Congo et désormais en Tanzanie.

Le cœur de la stratégie de Randgold Resources consistait à se développer de manière interne et à créer une valeur réelle grâce à la découverte et au développement, politique à laquelle Barrick a été convertie, depuis la fusion.

Par ailleurs, nous recherchons toute opportunité sur les zones très prometteuses sur le continent, car nous croyons au potentiel de l’Afrique.

Comment allez-vous mettre l’expérience de Randgold en Afrique au profit de Barrick, qui a également exploité des mines sur le continent?

L’un des objectifs de la fusion entre Barrick et Randgold Resources était de faire adopter l’approche de gestion décentralisée de Randgold à la gestion d’un groupe aussi étendu que Barrick. À cet effet, et en ce qui concerne l’Afrique, l’équipe de direction qui a si bien servi Randgold est désormais responsable de la région Afrique et Moyen-Orient de Barrick.

Les mines en général sont une source de dégradation de l’environnement. Avez-vous une politique de Responsabilité sociale des entreprises (RSE), en particulier celle axée sur l’économie circulaire dans vos concessions africaines en général, maliennes en particulier?

Oui. La philosophie de Barrick repose essentiellement sur la conviction que notre capacité à exploiter les ressources avec succès dépend fortement de notre compétence, d’une part, à créer de la valeur, de façon durable, pour tous nos partenaires et, d’autre part, à gérer de manière proactive notre impact sur l’environnement au sens large.

Au cours de ses 23 années d’existence dans une Afrique émergente, Randgold, et maintenant Barrick également, a bâti sa réputation dans l’engagement, d’abord, à renforcer économiquement pays et communautés hôtes, ensuite, à protéger la sécurité des employés, puis, à être une entreprise citoyenne et, enfin, à respecter la nature.

Suite à la fusion de Randgold avec Barrick, la gestion environnementale efficace demeurera une priorité essentielle du nouvel ensemble, afin d’atténuer l’impact de nos activités sur l’environnement. Nous continuerons à investir dans le patrimoine de biodiversité de nos pays hôtes.

Barrick Chiaka Berthe Mines

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