L’agence de notation financière Fitch Ratings a maintenu inchangée la note souveraine «CCC» du Trésor tout en relevant une fragilité persistante des finances publiques et des déséquilibres budgétaires accentués par une gestion jugée inefficiente et une forte dépendance des recettes pétrolières
Dans leur commentaire, les analystes de Fitch Ratings expliquent que la note «CCC» reflète un PIB par habitant supérieur à celui de ses pairs, contrebalancé par une forte dépendance à l’égard des recettes volatiles des hydrocarbures et des déficiences persistantes de la gestion des finances publiques. Ces faiblesses sont exacerbées par les tensions sur le marché régional de la dette et l’accès limité aux financements extérieurs.
Pour l’agence de notation financière, la présidentielle d’avril dernier a levé un obstacle à l’accès aux financements concessionnels auprès de certains prêteurs multilatéraux. Le nouveau gouvernement se fixe l’objectif d’équilibrer le budget hors dépenses d’investissement dès 2026.
Inquiétudes sur les arriérés de l’Etat
Fitch estime que les dépenses publiques ont augmenté de 15 % en 2024, une année préélectorale marquée par la tentation de «générosité» des pouvoirs publics. L’agence estime le déficit budgétaire à 2,5 % du PIB en 2024, avec une hausse des dépenses salariales et une forte hausse des dépenses d’investissement, passant de 2,3 % du PIB en 2023 à 5,5 % l’année dernière, principalement axées sur des projets de voies routières et des infrastructures de proximité dans la capitale.
Libreville continue de payer l’indiscipline budgétaire des derniers gouvernements Bongo. L’Etat a accumulé des arriérés que Fitch estime à 2,8 % du PIB en 2024, en raison de contraintes de liquidités. Les impayés envers les créanciers extérieurs équivalent à 1,6 % du PIB tandis que ceux dus aux fournisseurs locaux sont estimés à 1,2 % du PIB. Les analystes de l’agence de notation américaine relèvent que la plupart des arriérés intérieurs seront comptabilisés comme de la dette, avec une échéance d’environ sept ans et sans intérêt.
Au regard de ce tableau, le budget restera déficitaire en 2025 et 2026, à respectivement 2,4 % et 2,1 % du PIB dans l’hypothèse d’un retour à la maîtrise des dépenses courantes, ce qui entraînerait un ralentissement de la croissance, une baisse des dépenses d’investissement.
La dette publique restera proche de son niveau de 2023, soit 75,4 % du PIB en 2025 et 74,3 % en 2026, contre 72,9 % l’année dernière. Cela reflète une baisse du PIB nominal due à la baisse des prix du pétrole, un ralentissement de la croissance du PIB attendue en 2025 et l’effet du manque du cash.





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