Réagissant pour la première fois à un rapport invalidant les chiffres officiels sous sa présidence, notamment la dette et le déficit budgétaire, l’ex-président sénégalais Macky Sall a dénoncé un « procédé politique » disant ne pas craindre d’éventuelles poursuites judiciaires, dans un entretien au magazine Jeune Afrique (JA)
Le 13 février, le gouvernement sénégalais a annoncé de possibles poursuites judiciaires contre les auteurs des « manquements graves » révélés la veille par la Cour des comptes dans un rapport invalidant les chiffres officiels sous Macky Sall.
Institution de contrôle indépendante, la Cour des comptes a souligné que les faits relatés sont « présumés constitutifs de fautes de gestion, de gestions de fait ou d’infractions à caractère pénal. »
L’encours de la dette représente 99,67% du PIB, un taux « supérieur » au montant annoncé par le précédent régime, selon le rapport.
Le déficit budgétaire « recalculé » par la Cour pour l’année 2023 est par exemple de 12,3% contre les 4,9% annoncés. La Cour a également pointé « une dette bancaire importante contractée hors circuit budgétaire » et « non retracée dans les comptes de l’Etat. »
En marge d’un déplacement en Afrique du Sud jeudi pour lancer « La déclaration du Cap », une initiative visant à alléger le fardeau de la dette des pays du continent, Macky Sall a rejeté les critiques formulées par la Cour des comptes et l’actuel Premier ministre sénégalais, Ousmane Sonko.
« Je m’inscris totalement en faux contre ces allégations de falsifications », a-t-il déclaré dans l’entretien à JA publié jeudi.
« C’est un procédé politique. Nous avons toujours travaillé en toute transparence avec l’ensemble des partenaires. Chaque année, la Cour des comptes a certifié les comptes financiers de l’État du Sénégal. C’est trop facile de revenir après et de dire que tout cela était faux. Tout cela est ridicule », a-t-il fustigé.
L’ex-président affirme qu’aucun membre de son gouvernement n’a été consulté ni interrogé en vue de l’élaboration du rapport de la Cour des Comptes. « J’ai été informé du niveau d’endettement en même temps que tout le monde, par la bouche du Premier ministre », critique-t-il.
« Parfois, le Trésor emprunte pour des opérations de trésorerie courante. Par exemple lorsque l’Agence française de développement, la Banque islamique de développement ou la Banque africaine de développement nous prête de l’argent pour financer le TER (Train express régional, NDLR), nous sommes obligés de demander des crédits relais aux banques locales que nous remboursons une fois le décaissement reçu », déclare M. Sall.
« Ce sont des opérations normales que gère quotidiennement le ministère des Finances. Le gouvernement n’est en rien impliqué dans ces sujets », assène-t-il.
« Je n’ai peur de rien », poursuit Macky Sall, avant d’ajouter: « Ils peuvent poursuivre s’ils veulent ».





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