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Inflation : L’union sacrée des banquiers centraux

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La responsabilité première et inconditionnelle d’une banque centrale est d’assurer la stabilité des prix. 
Jérôme Powell, Président de la Fed, est revenu aux fondamentaux, à Jackson Hole lors du célèbre symposium annuel des banquiers centraux qui s’est achevé le week-end.

Son constat a fait l’unanimité chez ses pairs (Angleterre, Suisse, Europe, Corée du Sud…), à l’exception du Japon.

Certains d’entre eux ont profité de cet événement, très suivi par les marchés, pour faire passer des messages sur leur volonté de lutter contre la hausse des prix, «un phénomène global et déstabilisateur», assure le patron de la Réserve fédérale américaine. «En agissant de concert, les banques centrales sont plus efficaces dans ce combat».

Haruhiko Kuroda, la voix dissonante des monétaristes

Seule voix discordante de la doxa monétariste, Haruhiko Kuroda, gouverneur de la Banque du Japon, qui a déclaré que «nous n’avons pas d’autre choix que de poursuivre l’assouplissement monétaire jusqu’à ce que les salaires et les prix augmentent de manière stable et durable». En gros, au lieu de remonter les taux directeurs pour lutter contre l’inflation comme le prescrit la doctrine économique, lui, a fait le choix de les baisser. Exactement ce que fait Erdogan en Turquie qui a endossé les habits du gouverneur de la Banque centrale, creusant encore plus la méfiance du marché envers la Livre turque alors que l’inflation dépasse 70% en glissement annuel.

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Au contraire du chef de l’Etat turc, si le patron de la Banque du Japon peut se permettre de prendre le contrepied de la doctrine économique, c’est que l’archipel nippon est confronté à une hausse des prix bien plus modérée, 3 % cette année (23 fois moins que la Turquie), et 1,5 % en 2023 selon les projections de la Banque centrale.

Les banques centrales doivent agir avec «détermination» pour combattre l’inflation, «même au risque d’une croissance plus faible et d’un chômage plus élevé», a déclaré Isabel Schnabel, membre du directoire de la BCE. Elle a employé le terme fort de «sacrifice», très inhabituel dans les discours de la Banque centrale européenne. L’activité va passer au second plan derrière le combat contre la hausse des prix, le mandat de la banque centrale.

La posture de Jerôme Powell était attendue, après l’erreur stratégique de 2021. L’année dernière, le président de la Fed avait minimisé les risques liés à l’inflation. Il pensait qu’elle va se résorber en même temps que le désordre des circuits de distribution lié à la crise du Covid.

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