La Vice-présidente américaine Kamala Harris a décrit jeudi 30 mars à Dar es Salam la Présidente de Tanzanie Samia Suluhu Hassan comme une « championne » de la démocratie, lors de la deuxième des trois étapes de sa visite en Afrique.
Mme Harris, première femme et première personne de couleur élue à la vice-présidence américaine, s’exprimait au côté de Mme Hassan, devenue en mars 2021 la première femme à diriger la Tanzanie.
Samia Suluhu Hassan a succédé en sa qualité de Vice-présidente à John Magufuli, décédé brutalement et s’est récemment efforcée de rompre avec l’héritage autoritaire de ce dernier et a multiplié les signes d’ouverture.
Un mémorandum d’accord de 500 millions de dollars signé
Mme Harris a annoncé que l’Exim Bank, agence américaine de crédit à l’exportation, allait signer un mémorandum d’accord pour faciliter des exportations vers la Tanzanie d’une valeur de plus de 500 millions de dollars dans les secteurs du transport, des infrastructure, des technologies numériques et de l’énergie verte.

« Il y a un tel potentiel de croissance ici », a-t-elle expliqué. « Travailler ensemble est notre objectif commun, pour accroître l’investissement en Tanzanie et renforcer nos liens économiques », a-t-elle ajouté, annonçant également un projet de partenariat avec la Tanzanie sur la 5G et la cybersécurité.
La Vice-présidente américaine a indiqué qu’elle allait, durant sa visite dans ce pays d’Afrique de l’Est, discuter avec Mme Hassan de démocratie, en la qualifiant de « championne », de bonne gouvernance, de croissance économique à long terme et de la crise climatique.
« Sur le sujet de la croissance économique, la bonne gouvernance permet la prévisibilité, la stabilité et les règles dont les entreprises ont besoin pour investir », a souligné Mme Harris.
Mme Hassan a qualifié leur rencontre de « jalon historique » et décrit Mme Harris comme une « soeur ».
Contrer l’influence de la Chine et de la Russie
La tournée de Kamala Harris, successivement au Ghana, en Tanzanie et en Zambie, s’inscrit dans les efforts de Washington de renforcer ses liens avec le continent africain afin de contrer l’influence de la Chine et de la Russie.
La Tanzanie s’est abstenue lors des votes de résolutions de l’ONU condamnant l’invasion russe en Ukraine. La présidente tanzanienne a rencontré en novembre à Pékin son homologue chinois Xi Jinping.
Mme Hassan, qui a célébré le 19 mars le deuxième anniversaire de son arrivée au pouvoir, avait suscité un certain espoir après une présidence Magufuli ayant conduit plusieurs partenaires internationaux à tourner le dos à son pays.
La Tanzanie a organisé ses premières élections multipartites en 1995, toutes remportées depuis par l’ex-parti unique du Président Julius Nyerere : le Chama Cha Mapinduzi (CCM), formation politique de Mme Hassan.
En janvier, elle a annoncé la levée de l’interdiction – décrétée par M. Magufuli – des rassemblements politiques et ouvert la voie au retour au pays de figures de l’opposition comme Tundu Lissu et Godbless Lema, en exil depuis cinq ans et deux ans respectivement.
Début mars, elle avait promis de relancer le processus de révision constitutionnelle, une demande ancienne de l’opposition.
Au cours de sa visite à Dar es Salam, capitale économique du pays, Kamala Harris a déposé une gerbe à un mémorial de l’attentat contre l’ambassade américaine, attaquée en 1998 en même temps que celle de Nairobi.
Ces deux attentats quasi-simultanés, revendiqués par Al-Qaïda, avaient fait plus de 200 morts et 5.000 blessés.
Mercredi à Accra, la Vice-présidente américaine avait annoncé une initiative de plus de 1 milliard de dollars pour l’émancipation économique des femmes sur le continent.
Dans un discours, elle avait identifié trois secteurs qui selon Washington pourrait bénéficier de plus d’investissement: l’émancipation des femmes, l’économie numérique et la bonne gouvernance et démocratie.
Avec AFP





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