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L’Afrique s’inquiète des conséquences des sanctions européennes

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Le président de l’Union africaine, le Sénégalais Macky Sall, s’est inquiété mardi 31 mai des conséquences des sanctions européennes excluant des banques russes du système international Swift et a appelé les 27 à agir pour libérer les stocks de céréales bloqués en Ukraine par le conflit.

Dans le cadre d’un sixième paquet de sanctions contre Moscou, l’UE a décidé dans la nuit de lundi 30 mai à mardi de priver la principale banque russe, la Sberbank, d’accès à Swift, plateforme de messagerie sécurisée permettant des opérations cruciales comme des ordres de transferts de fonds.

« Quand le système Swift est perturbé, cela veut dire que même si les produits (à acheter) existent, le paiement devient compliqué, voire impossible. Je voudrais insister pour que des solutions idoines soient trouvées », a déclaré Macky Sall aux dirigeants des Vingt-Sept réunis en sommet à Bruxelles. Dans un message en visioconférence, le président sénégalais a également demandé aux chefs d’Etat et de gouvernement de tout faire « pour libérer les stocks de céréales disponibles » en Ukraine mais bloqués en raison de l’offensive russe qui organise un blocus en mer Noire et interdit l’accès au port d’Odessa. Il faut « assurer le transport et l’accès au marché afin d’éviter le scénario catastrophique de pénuries et de hausses généralisées des prix », a-t-il plaidé. « On est en train de voir comment sortir les 20 millions de tonnes de blé ukrainien. Ce n’est pas facile », a expliqué de son côté le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell, accusant la Russie d' »utiliser le blé comme arme de guerre ». « Il faut évidemment un accord avec la Russie pour utiliser la voie maritime », a-t-il reconnu. Des voies alternatives par chemin de fer et la route sont à l’étude, mais elles permettront au mieux de transporter un tiers des stocks de blé, a confié à l’AFP un responsable européen.  « Cette crise affecte particulièrement nos pays en raison de leur forte dépendance des productions russes et ukrainiennes de blé », a insisté Macky Sall. Selon l’ONU, 282 millions de personnes, soit plus du tiers des individus sous-alimentés dans le monde, vivaient en Afrique en 2020. « S’y ajoutent 46 millions d’Africains menacés de faim et de sous-alimentation à cause de la pandémie de Covid. Le pire est peut-être devant nous », a-t-il averti, soulignant que la flambée des prix des engrais pourrait provoquer un effondrement « de 20% à 50% » des rendements céréaliers en Afrique cette année. Pour autant, « il est important que l’UE et l’UA parlent d’une seule voix, avec un message aligné sur le fait que le blocage des exportations de blé est dû à la guerre en Ukraine et non aux sanctions européennes », insiste une source européenne.

                                                                                  Avec AFP

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