Le FMI a conclu une consultation avec l’Union économique et monétaire ouest-africaine le 11 février dernier. Dans leur rapport publié mercredi 2 mars, ses experts sont plutôt optimistes pour la région et saluent sa résilience.
Les économies de l’UEMOA ont fait preuve d’une forte résilience face à la crise du Covid-19, et elles se redressent grâce à des politiques budgétaires et monétaires accommodantes. La croissance devrait s’accélérer, principalement en raison d’un rebond des exportations malgré des risques qui pèsent sur l’économie mondiale.
Un assainissement budgétaire progressif devrait commencer en 2022 et ramener le déficit à 3 % du PIB d’ici 2024, le critère de convergence fixé dans le traité de l’Union monétaire.
Le rebond économique amorcé au second semestre 2020 s’est raffermi en 2021, tandis que les politiques budgétaires et monétaires sont restées favorables. Les réserves de change ont atteint des niveaux confortables et le système financier semble globalement sain, relève le FMI. L’inflation a dépassé le plafond de 3 %, l’objectif cible de la BCEAO depuis avril 2021, en raison de la pression sur les prix intérieurs et des importations alimentaires mais elle devrait revenir à la fourchette cible de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest d’ici la fin de l’année. La croissance s’établirait à 6 % en 2022 dans la région, soit une des meilleures performances mondiales.
Un assainissement budgétaire progressif devrait commencer cette année et porter le déficit budgétaire global à 3 % du PIB d’ici 2024. Les perspectives présentent toutefois d’importants risques à la baisse, compte tenu de la lenteur et de l’inégalité des progrès en matière de vaccination, de la possibilité d’une nouvelle détérioration des risques pour la sécurité et de l’incertitude politique, ainsi que du resserrement probable des conditions financières mondiales.
Les experts du FMI se félicitent de la forte résilience de l’UEMOA face à la crise sanitaire et de la reprise qui s’est raffermie en 2021. Ils notent cependant d’importants risques liés à l’évolution de la pandémie, du resserrement des conditions de financement sur les marchés internationaux, de la détérioration des conditions de sécurité et des incertitudes géopolitiques. Le FMI estime que des efforts- sous-entendu- sont indispensables pour assurer la viabilité macroéconomique de la région, tout en soutenant la reprise.
Pour l’institution de Bretton-Woods, un retour au plafond du déficit budgétaire global de 3 % du PIB d’ici à 2024 est essentiel pour « maintenir un niveau adéquat de réserves extérieures, limiter le risque de pressions sur les marchés financiers régionaux et assurer la viabilité de la dette ». La crédibilité de la trajectoire d’ajustement à moyen terme serait renforcée par le rétablissement du Pacte de convergence de l’UEMOA. L’ajustement budgétaire devrait favoriser une reprise inclusive. Le FMI recommande de mettre en œuvre des mesures d’augmentation des recettes, de protéger les dépenses sociales et d’infrastructures prioritaires et de donner la priorité à l’extension de la vaccination contre le Covid-19.
Les administrateurs conviennent que l’orientation accommodante de la politique monétaire demeure appropriée. Ils ont exhorté la BCEAO à se tenir prête à resserrer sa politique monétaire si la position extérieure s’affaiblissait ou si des pressions inflationnistes devenaient intenables. Le FMI se félicite par ailleurs des efforts continus déployés par la BCEAO pour moderniser ses cadres de politique et de gouvernance et des progrès accomplis dans la mise en place du cadre de résolution des défaillances bancaires tout en insistant sur sa pleine opérationnalisation. Il souligne la nécessité de réduire la forte dépendance de certaines banques auprès de la Banque centrale et de remédier aux fragilités structurelles des institutions de microfinance. L’amélioration de la profondeur et de la liquidité du marché des titres souverains doit être une priorité, relève le FMI.
Pour contrer les éventuels effets durables de la crise, il faudrait prendre des mesures énergiques pour stimuler la croissance de la productivité et l’investissement privé bien au-delà des priorités régionales qui étaient concentrées sur l’intégration commerciale, la compétitivité régionale et l’accélération des projets d’infrastructure.











