Le gouvernement congolais enclenche la vitesse supérieure pour la réhabilitation du tronçon stratégique Tenke–Kolwezi–Dilolo. Appel d’offres international, financement massif de la Banque mondiale et intérêt affirmé d’investisseurs privés : le corridor de Lobito s’impose comme l’un des projets d’infrastructures les plus ambitieux de la décennie
Le ministre des Transports, Jean-Pierre Bemba, a annoncé le lancement d’un appel d’offres international en avril 2026 pour la réhabilitation du tronçon ferroviaire Tenke–Kolwezi–Dilolo. Le démarrage effectif des travaux est prévu au dernier trimestre de la même année.
L’annonce a été faite le 5 février 2025 à Luanda, en Angola, à l’occasion de la première réunion de coordination du corridor de Lobito, projet régional stratégique visant à renforcer les liaisons ferroviaires entre la RDC, l’Angola et la Zambie.
Selon les études de faisabilité présentées en septembre dernier par une délégation d’experts de l’Union européenne et des États-Unis, la réhabilitation de la ligne Dilolo–Kolwezi–Tenke — segment congolais du corridor — nécessitera un investissement estimé entre 400 et 410 millions de dollars. À cela s’ajoutent des coûts d’entretien évalués à 180 millions de dollars sur dix ans.
Vers un partenariat public-privé aux standards internationaux
Si les modalités d’exécution du projet n’ont pas encore été officiellement arrêtées, l’option d’un partenariat public-privé (PPP) est sérieusement envisagée. Lors de la réunion de Luanda, les autorités congolaises ont indiqué avoir engagé des réformes institutionnelles pour structurer un cadre de PPP conforme aux standards internationaux.
La Banque mondiale jouera un rôle central dans le montage financier et technique du projet. Désignée «lead arranger» par la RDC, l’institution de Bretton Woods a confirmé un financement de 500 millions de dollars US, un signal fort en faveur de la crédibilité et de la viabilité du chantier.
Des travaux d’urgence pour sécuriser le trafic
Dans l’attente du lancement du projet principal, des travaux d’urgence sont actuellement menés sur près de 80 kilomètres de zones critiques, afin de garantir la continuité du trafic ferroviaire.
Parallèlement, les études de faisabilité se poursuivent sur le tronçon Tenke–Lubumbashi–Sakania, avec l’appui de la Banque mondiale. Un appel au cofinancement a été lancé pour cette section stratégique, dont l’extension jusqu’à la frontière zambienne nécessiterait au moins 690 millions de dollars US d’investissement, selon les estimations dévoilées en septembre.
L’offensive des investisseurs internationaux
L’intérêt des partenaires internationaux se confirme. Dans un communiqué publié le 5 décembre dernier, l’U.S. International Development Finance Corporation (DFC) a annoncé avoir émis une lettre d’intention à l’entreprise portugaise Mota-Engil. L’agence américaine se dit prête à financer, à hauteur de plus d’1 milliard de dollars US, «la réhabilitation, l’exploitation et le transfert de la ligne ferroviaire Dilolo–Sakania.»
Mota-Engil est membre, aux côtés de Trafigura et Vecturis, du consortium Lobito Atlantic Railway(LAR). Ce dernier détient depuis juillet 2022 une concession de 30 ans pour l’exploitation et la modernisation de la section angolaise du corridor.
Un axe stratégique pour l’économie minière
Au-delà des montants annoncés, le corridor de Lobito représente un levier stratégique pour la RDC, notamment pour l’exportation des minerais issus du Grand Katanga. Sa modernisation pourrait transformer durablement la logistique régionale, réduire les coûts de transport et renforcer l’intégration économique avec les pays voisins.
Reste désormais à concrétiser les engagements financiers et à traduire les annonces politiques en chantiers effectifs. Le compte à rebours est lancé.
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