L’Union européenne et l’Ethiopie ont signé mardi 3 octobre à Addis Abeba un document-cadre de coopération, « premier pas » vers une « normalisation » de leurs relations, à l’issue de deux ans de conflit dans le nord du pays les ayant mises à mal.
« Il est temps de normaliser graduellement (nos) relations et de rebâtir un partenariat mutuellement bénéfique », a déclaré la commissaire européenne aux Partenariats internationaux Jutta Urpilainen en signant avec le ministre éthiopien des Finances, Ahmed Shide, un Programme indicatif multiannuel (MIP) de coopération.
Ce MIP, une enveloppe de 650 millions d’euros pour la période 2024-2027, devait être signé en 2021 mais sa signature avait été suspendue en raison du conflit dans la région septentrionale du Tigré.
Cette signature est « le premier pas concret vers la normalisation. Elle renouvelle l’engagement de l’UE de (…) contribuer à la stabilité de l’Ethiopie, à la reconstruction post-conflit et au redressement macro-économique », avec des transferts annuels moyens prévus supérieurs à celui de 2014-2020, a estimé Mme Urpilainen.
Signés tous les sept ans, les MIP définissent les domaines de coopération prioritaire entre l’UE et chaque pays et région partenaires (Afrique subsaharienne, Asie-Pacifique, Amériques-Caraïbes).
Cette signature « est très importante pour nous », s’est réjoui Ahmed Shide : depuis 40 ans, l’UE « est un partenaire stratégique de l’Ethiopie, a soutenu le développement économique de l’Ethiopie et ses réformes économiques ».
L’UE est un des principaux partenaires au développement de l’Ethiopie
Ce partenariat « a été ralenti à cause de l’impact sur nos relations » du récent conflit, cette « signature va nous permettre de revenir à un partenariat normal en matière de développement », a ajouté le ministre.
L’UE est un des principaux partenaires au développement de l’Ethiopie, deuxième pays le plus peuplé d’Afrique, en proie à de graves violences internes, une situation économique dégradée et des catastrophes naturelles chroniques.
Environ 17% de ses 120 millions d’habitants dépendent de l’aide alimentaire, dont Washington et l’ONU ont suspendu en juin la distribution à travers le pays en raison de détournements.
Mme Urpilainen, qui n’était plus venue dans la capitale éthiopienne depuis 2021, a en revanche exclu « à ce stade » une reprise de l’aide budgétaire européenne à l’Ethiopie, suspendue depuis décembre 2020, un mois après le début du conflit entre le gouvernement fédéral et les autorités dissidentes du Tigré.
« En ce qui concerne les modalités d’aide budgétaire, les conditions sont très strictes », a-t-elle expliqué: « D’abord, il faut un programme du FMI » que le gouvernement éthiopien négocie actuellement. « En outre, nous avons aussi des conditions politiques », a-t-elle ajouté, sans autre détail.
« Nous avons une approche graduelle et désormais je pense qu’un pas en avant a été fait », a-t-elle souligné.
Un accord signé à Pretoria en novembre 2022 a mis fin à deux ans de conflit extrêmement meurtrier au Tigré et dans les régions voisines, marqué par des exactions commises par l’ensemble des belligérants.
« La stabilisation au Tigré est en cours, mais la situation reste complexe et fragile, notamment dans plusieurs autres régions », a aussi expliqué Mme Urpilainen, notant « les difficulté auxquelles fait face le gouvernement éthiopien dans la consolidation de la paix et de la cohésion civique en Ethiopie ».
Des affrontements armés entre milices régionales et armée fédérale ont notamment éclaté depuis avril dans la région de l’Amhara et des violences multi-facettes persistent dans plusieurs autres régions de cet Etat fédéral comptant quelque 80 peuples.
Un rapport d’experts de l’ONU a mis en garde mardi sur le « risque énorme » que des « atrocités » soient commises en Ethiopie, notamment au Tigré.
« Il existe un risque très réel et imminent que la situation se détériore davantage », a déclaré Steven Ratner, membre de la Commission internationale des experts des droits humains.
La commissaire européenne a également rencontré mardi le président de la Commission de l’Union africaine (UA) Moussa Faki puis, en tête-à-tête, le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed, deux rencontres dont la presse a été tenue à l’écart.
Avec AFP

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