L’annonce a pris tout le monde de court. Alors qu’elle négocie toujours avec la Cédéao afin de trouver un accord sur la durée de la transition «raisonnable», la junte malienne a publié hier lundi 6 juin un décret fixant à deux ans la durée de la transition.
C’est au mieux, un pied de nez à la Cédéao dont l’envoyé spécial continue des négociations avec les colonels au pouvoir à Bamako sur la base de «16 à 20 mois» avant un retour à l’ordre constitutionnel. «La durée de la Transition est fixée à 24 mois, à compter du 26 mars 2022 conformément à l’article 22 de la loi n°2022-001, du 25 février 2022 portant révision de la charge de la Transition», indique le document lu à la télévision nationale.
Divergence entre les chefs d’Etat sur le Mali
Cette annonce intervient deux jours après un sommet de la Cédéao à Accra. Censé porter sur les sanctions prises par l’Organisation sous-régionale à l’encontre des juntes au pouvoir en Guinée, au Mali et au Burkina Faso, la décision a dû être reportée au 3 juillet, en raison de «divergences» entre les chefs d’Etat sur le cas malien.
Une transition difficile
Il y a quelques mois, les nouvelles autorités maliennes avaient annoncé la possibilité de mettre en place une transition allant jusqu’à cinq ans avant l’organisation de nouvelles élections. Ce délai largement supérieur aux recommandations de la communauté internationale avait déclenché l’ire de la CEDEAO qui a alors adopté des sanctions supplémentaires contre Bamako au début de l’année.





Mali
![Tribune | La carte des fractures : le nexus séparatisme-exclusion -instabilité politique et risque terroriste [Par Pr. Hzaine El Hassane] Les derniers rapports des observatoires de la violence terroriste, ainsi qu'une enquête que nous avons menée, suggèrent deux constats : Primo, l'Afrique est toujours au centre de la carte des attentats des dix dernières années, et le terrorisme est le premier défi à la paix et à la sécurité africaine. Sans surprise, l'Afrique est la région la plus durement touchée, mais des parcours comme celui du Maroc montrent que le terrorisme n'est pas une fatalité et que l'africanité n'en est pas la cause. Secundo, le fléau terroriste est le résultat d'une combinaison de facteurs dont certains relèvent du niveau individuel (milieu familial, âge, éducation, caractère, enrôlement ou isolement, etc.) et d'autres du niveau macro national, qui est le niveau d'analyse choisi pour cet essai. Ni la pauvreté toute seule, ni la mauvaise gouvernance, ni les griefs ethniques, chacun dans son silo, n'expliquent ou ne déterminent ce phénomène : c'est une synergie, un nexus, qui fait qu'un pays bascule ou résiste.](https://afrimag.net/wp-content/uploads/2026/06/Les-chefs-des-agences-de-lutte-contre-le-terrorisme-se-reunissent-a-El-Jadida-450x253.jpg)




