Dans ses prévisions d’activité pour le reste de l’année, le groupe canadien Barrick Mining a discrètement retiré l’activité du complexe aurifère de Loulo-Gounkoto au Mali, au cœur d’un conflit avec Bamako, rapporte l’agence Reuters. Les activités sur ce complexe, l’un des plus grands actifs aurifères du groupe sur le continent, sont suspendues depuis janvier après que le gouvernement malien a bloqué les exportations d’or
Pour l’instant, Barrick n’a pas rendu publiques ses prévisions de production au Mali, mais les analystes avaient prédit que le Mali, 3ème producteur d’or en Afrique, contribuerait à environ 250.000 onces en 2025. Au cours des neuf premiers mois de 2024, la production au Mali a contribué à hauteur de 949 millions de dollars au chiffre d’affaires de Barrick. Dans un rapport d’analyste publié en décembre dernier, la banque d’affaires américaine Jefferies, estimait que si le complexe malien restait inactif, Barrick perdrait 11 % de son bénéfice avant intérêts, impôts et amortissements prévu pour 2025.
Le gouvernement malien, actionnaire du complexe, a demandé en mai dernier à un tribunal local de nommer un administrateur provisoire pour rouvrir le complexe, ce qui verrait effectivement Barrick perdre le contrôle des mines qui représentaient 14 % de sa production totale. Parallèlement aux procédures portées devant la justice et les cours d’arbitrage de la Banque mondiale et de la Chambre de Commerce International, des négociations se poursuivent entre les deux parties. Dans le cadre d’une concession, le Mali a accepté de permettre à Barrick de rapatrier 20 % de ses bénéfices sur un compte bancaire international, une exception qui n’a été accordée à aucun autre groupe minier étranger ayant récemment renégocié des contrats avec l’Etat.
Toutefois, un point de désaccord persiste entre Barrick et Bamako : les autorités maliennes souhaitent que tous les futurs litiges soient traités par les tribunaux nationaux. Une option que rejette Barrick qui estime que tout nouveau contrat minier devrait être couvert par un traité international et, en cas de litige, être réglé par arbitrage international.
Alors que la flambée des cours du métal jaune a soutenu les revenus de Barrick, la menace d’une administration provisoire inquiète les investisseurs. En décembre 2024, Barrick a lancé une procédure d’arbitrage contre l’Etat malien à la Chambre de Commerce International basée à Paris. En mai dernier, le major minier canadien a demandé au tribunal arbitral de la Banque mondiale (CIRDI) de suspendre la procédure judiciaire à Bamako concernant l’administration provisoire. L’enjeu pour les deux parties est la possibilité de réaliser des revenus d’au moins 1 milliard de dollars cette année grâce aux records battus par les cours de l’or depuis plusieurs mois.





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