Les gouvernements zambien et zimbabwéen s’apprêtent à relancer le gigantesque projet du barrage hydroélectrique de Batoka Gorge, estimé à 5 milliards de dollars. Les deux parties ont autorisé l’Autorité du fleuve Zambèze, entité conjointe chargée de la gestion du barrage de Kariba, à approcher des investisseurs intéressés pour cette centrale qui devrait produire plus de 2.400 mégawatts
S’il se concrétise, ce projet mettra définitivement fin à la crise énergétique dans laquelle deux pays sont englués depuis plusieurs années.
«L’objectif est de mobiliser les ressources dans un délai de 12 à 18 mois, sous réserve de la confiance des investisseurs, des conditions de marché et du soutien bilatéral continu des gouvernements zambien et zimbabwéen», a déclaré le Directeur général de l’Autorité du fleuve Zambèze, Munyaradzi Munodawafa, relève l’agence Bloomberg.
Selon des données officielles, 83 % de l’électricité produite par la Zambie provient de l’hydroélectricité. Malgré ce potentiel, les délestages atteignent jusqu’à 20 heures par jour à Lusaka, causant 1,3 milliard de dollars de pertes en 2024. Chez son partenaire zimbabwéen, la situation n’est guère reluisante. Les coupures d’électricité dépassent 18 heures, et la production de la centrale Kariba South, la plus grande du pays, a chuté de plus de 80 % depuis le dernier trimestre de l’année dernière.
Lancé dans les années 2010, le projet Batoka Gorge avait été interrompu par la pandémie de Covid-19 et par des controverses sur l’attribution du contrat initial à General Electric et Power Construction Corp. of China. En 2023, la Zambie s’en était retirée, dénonçant un manque de transparence. Depuis, les deux pays ont engagé une nouvelle procédure, avec un appel d’offres prévu d’ici septembre 2025.
La concrétisation du projet Batoka Gorge dépendra notamment de la capacité des deux pays à rassurer les bailleurs des fonds. Le Zimbabwe, dont la dette extérieure est estimée à 21 milliards de dollars, fait face à des contraintes budgétaires. De son côté, la Zambie est toujours engagée dans une restructuration difficile de sa dette après un défaut de paiement en 2020. Autant dire que la reconquête de la confiance des investisseurs n’est pas acquise.





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