L’information a fait l’effet d’une bombe à la City hier lundi 1er décembre. Le gouvernement britannique a en effet décidé de retirer son soutien de 1,15 milliard de dollars US au projet mené par TotalEnergies, le projet de gaz naturel liquéfié du Mozambique.
La Grande-Bretagne avait promis un soutien financier à ce projet de 20 milliards de dollars US via UK Export Finance en 2020, peu avant de s’engager à cesser de fournir un soutien gouvernemental direct aux projets d’exploitation des combustibles fossiles à l’étranger.
Ce projet, qui devrait faire du Mozambique un important exportateur de gaz naturel liquéfié (GNL) vers l’Europe et l’Asie, a été interrompu en 2021 en raison d’une insurrection islamiste portée par la «filiale» locale de Daech. Les attaques djihadistes sont de nouveau en recrudescence contraignant le groupe TotalEnergies d’acheminer son personnel et le matériel par voie aérienne et maritime pour des raisons de sécurité.
Comme nous l’avions rapporté, Total a levé la force majeure sur le projet le mois dernier (ndlr : novembre), mais a conditionné la reprise des travaux à l’approbation d’un nouveau budget par Maputo, que le président a déclaré pouvoir contester.
«En vue de la relance du projet, UK Export Finance s’est vu présenter une proposition visant à modifier les conditions de financement initialement convenues,» a déclaré Peter Kyle, ministre britannique des Entreprises, dans un communiqué : «mes services ont évalué les risques liés au projet, et le gouvernement de Sa Majesté estime que ces risques ont augmenté depuis 2020.» Cette position repose sur une évaluation approfondie du projet et sur les intérêts des contribuables britanniques, qui sont mieux servis par la fin de notre participation au projet à ce stade, explique le ministre.
En février dernier, le PDG de TotalEnergies, Patrick Pouyanné, avait déclaré aux investisseurs que les actionnaires de Mozambique LNG étaient prêts à exercer leurs droits contractuels pour s’assurer que UKEF et Atradius, l’organisme néerlandais de financement des exportations, approuvent les fonds initialement promis.
Un porte-parole de la branche export néerlandaise Atradius a déclaré en juillet qu’un examen indépendant de diligence raisonnable en matière de droits de l’homme était en cours, mais qu’«il n’y a pas de date limite clairement définie» pour cet examen.
En mars 2025, la Banque américaine d’import-export a approuvé un prêt de près de 5 milliards de dollars pour ce projet.
En avril dernier, UK Export Finance a engagé le cabinet d’avocats Beyond Human Rights Compliance LLP pour enquêter sur les risques liés au projet Mozambique LNG suite aux articles de presse faisant état d’allégations de torture.
TotalEnergies détient une participation opérationnelle de 26,5 % dans Mozambique LNG. Le japonais Mitsui détient 20 % du projet et la société publique mozambicaine ENH 15 %, aux côtés de petits actionnaires comme les sociétés indiennes ONGS et Oil India.





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