Face à la controverse autour des importations de carburant et des prix à la pompe, la Chambre des représentants nigériane entre dans l’arène. Les députés ouvrent une enquête sur le conflit opposant Aliko Dangote, propriétaire de la plus grande raffinerie d’Afrique, à l’autorité de régulation du secteur pétrolier en aval.
Au Nigeria, le différend entre Aliko Dangote et le régulateur du secteur pétrolier franchit un nouveau cap. Selon la presse internationale, mardi 16 décembre, la Chambre des représentants a décidé de s’emparer officiellement du dossier en mandatant ses commissions compétentes pour examiner le conflit. En jeu : les importations de carburant et la fixation des prix, devenues le cœur d’une vive polémique publique.
Cette initiative marque l’entrée formelle du pouvoir législatif dans un débat jusqu’ici dominé par les autorités réglementaires et les échanges médiatiques, signe de l’importance croissante de l’enjeu pour l’économie nationale.
Dangote contre le régulateur
Le bras de fer oppose la Dangote Refinery à la Nigerian Midstream and Downstream Petroleum Regulatory Authority (NMDPRA), chargée de superviser les activités pétrolières en aval. Le milliardaire nigérian accuse l’autorité de délivrer des licences d’importation de carburants favorisant, selon lui, l’arrivée massive de produits importés à bas prix sur le marché local.
Une politique qu’Aliko Dangote juge préjudiciable aux raffineries nationales, à commencer par la sienne, pourtant conçue pour réduire la dépendance du Nigeria aux importations de produits pétroliers. De son côté, le régulateur affirme, selon Reuters, agir strictement dans le cadre de son mandat, afin de garantir un approvisionnement suffisant et stable du marché.
Un enjeu stratégique pour l’économie nigériane
Les députés justifient leur intervention par la portée stratégique du dossier. Avec une capacité de traitement de 650 000 barils par jour, la raffinerie Dangote est présentée par les autorités comme un pilier de la sécurité énergétique du pays.
Car malgré son statut de premier producteur africain de pétrole brut, le Nigeria reste fortement dépendant des importations de carburant. Entre août 2024 et octobre 2025, environ 69 % de l’essence consommée dans le pays a été importée, selon des données de la NMDPRA relayées par la presse locale.
Une enquête aux contours encore flous
Concrètement, l’enquête parlementaire portera sur les décisions du régulateur en matière d’importations de carburant et de fixation des prix, au centre du différend avec Dangote Refinery. À ce stade, aucune date n’a encore été annoncée pour l’audition des différentes parties.
Mais une chose est sûre : l’entrée du Parlement dans ce dossier sensible pourrait rebattre les cartes d’un secteur clé pour l’avenir économique et énergétique du Nigeria.





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