Le gouvernement nigérian a annoncé ce mercredi 5 novembre, l’émission de 2,25 milliards de dollars US d’euro-obligations après que les marchés ont royalement ignoré les menaces de Donald Trump d’une éventuelle action militaire dans le pays.
Le géant ouest-africain affectera cet argent à la résorption du déficit budgétaire, rapporte l’agence Reuters. L’emprunt obligataire comprend une double tranche à 10 et 20 ans à des taux de 9,125 % et 9,625 %.
Pour rappel, le Parlement nigérian avait approuvé il y a une semaine (ndlr : mercredi 29 octobre), la requête du président Bola Tinubu d’emprunter 2,85 milliards de dollars sur les marchés internationaux de la dette, y compris la toute première émission de sukuk souverain du pays.
Les nouveaux fonds serviraient à financer partiellement le déficit budgétaire et à refinancer les euro-obligations arrivant à échéance en novembre, a révélé le chef de l’Etat nigérian, ajoutant que «l’emprunt pourrait se faire via le marché des euro-obligations, un syndicat de prêts, un financement relais auprès de teneurs de livres ou directement auprès de banques internationales.»
Le Nigeria n’est pas un cas isolé. Plusieurs pays africains profitent du regain d’appétit pour les actifs émergents, dont la République du Congo qui a réalisé sa première émission depuis 20 ans. Le Kenya et l’Angola ont également levé de la dette en devises le mois dernier. Ce retour des Etats africains intervient alors que les marchés anticipent une orientation plus accommodante des banques centrales, incitant les investisseurs à rechercher des rendements plus attractifs hors des pays développés. Si Abuja bénéficie d’un environnement financier plus porteur, la situation reste délicate. La dynamique de dette demeure sous surveillance, tandis que la réforme de la politique des subventions de produits de base et l’ajustement de la politique de change devraient convaincre durablement les marchés.





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