Dans une communication parfaitement synchronisée comme les y oblige la réglementation des marchés, Rio Tinto et Glencore assurent avoir engagé des négociations pour une possible fusion de toutes ou partie de leurs activités. Les deux groupes, très actifs en Afrique, insistent sur le caractère «exploratoire» de ces tractations et soulignent «qu’aucune offre ferme n’a été formulée à ce stade, ni sur le principe, ni sur les modalités d’une éventuelle transaction.»
Les deux multinationales précisent qu’il n’existe aucune certitude quant à l’aboutissement de ces discussions. Elles rappellent au passage que toute opération éventuelle resterait soumise à un feu vert réglementaire.
Selon Glencore, le scénario envisagé consisterait en son acquisition par Rio Tinto, via un schéma d’arrangement approuvé par un tribunal, un montage courant pour ce type d’opérations au Royaume-Uni. De son côté, Rio Tinto confirme les discussions, et indique se réserver la possibilité, le cas échéant, d’ajuster la forme et la composition de la contrepartie d’une éventuelle offre.
Sur le chronogramme, le cadre est désormais précisé. Rio Tinto à jusqu’au 5 février prochain, à 17 h GMT, pour annoncer soit une intention ferme de formuler une offre, soit son absence d’intention de le faire. Ces discussions interviennent dans un contexte de marché marqué par un retour en grâce du cuivre, et globalement des métaux indispensables à l’électrification, aux infrastructures énergétiques et aux technologies de transition énergétique. La hausse soutenue des cours du cuivre et les interrogations sur la capacité de l’offre mondiale à répondre à la demande renforcent l’intérêt stratégique des actifs miniers de grande taille.
Dans ce paysage, la consolidation apparaît comme un levier pour sécuriser des volumes, mutualiser des investissements lourds et renforcer la résilience des groupes face à la volatilité des cycles de marché. A titre d’illustration, le Canadien Teck Resources et le Britannique Anglo American travaillent depuis quelques mois sur une fusion visant à créer l’un des cinq premiers producteurs mondiaux du métal rouge, avec une capitalisation boursière de plus de 50 milliards de dollars.
«La structure d’une éventuelle fusion entre Rio Tinto et Glencore, reste incertaine et serait probablement complexe, mais nous estimons qu’il existe une voie vers une création de valeur significative pour les deux parties,» selon les analystes de Jefferies, cités par l’agence Reuters. L’opération pourrait donner naissance «au plus grand groupe minier mondial, avec une capitalisation boursière combinée proche de 207 milliards de dollars.»
Les deux groupes disposent de portefeuilles étendus et potentiellement complémentaires sur le continent Glencore est un opérateur majeur du cuivre et du cobalt en République démocratique du Congo, via ses participations dans plusieurs complexes miniers dans la province du Grand Katanga. En 2024, la production combinée de cuivre de ses mines Kamoto Copper (KCC) et Mutanda s’élevait à 224.500 tonnes et celle de cobalt totalisait 35.100 tonnes. Rio Tinto est de son côté actif en Guinée dans la bauxite, mais également le minerai de fer. Son projet Simandou est entré en production en décembre dernier. Le groupe est aussi présent en Afrique du Sud et à Madagascar, à travers des activités liées aux sables minéralisés et à l’ilménite.








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