Les réformes économiques en cours en Afrique du Sud devraient stimuler la croissance, mais des efforts supplémentaires sont nécessaires pour créer des emplois et alléger la dette, a affirmé jeudi 5 juin l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE)
Le pays le plus industrialisé d’Afrique dispose d’un « potentiel de croissance extraordinaire », selon l’OCDE, mais est confronté à des défis importants, notamment une crise de l’électricité et le taux de chômage le plus élevé du G20.
« L’Afrique du Sud a entrepris d’importants efforts de réforme et s’attaque à bon nombre de ces contraintes structurelles, » estime l’OCDE dans son étude économique périodique sur l’Afrique du Sud.
Sortir de la croissance atone
« Mais de nouvelles réformes sont nécessaires pour que le pays atteigne ses objectifs de réduction durable de la pauvreté, des inégalités et du chômage. »
La croissance dans ce pays de 62 millions d’habitants n’a été en moyenne que de 0,7% par an au cours de la dernière décennie, et une croissance démographique plus rapide a entraîné une baisse du PIB par habitant, selon l’institution économique internationale.
Le gouvernement de coalition, au pouvoir depuis juin 2024, « investit avec audace pour stimuler la croissance et permettre les réformes économiques, » a déclaré le vice-ministre des Finances Ashor Sarupen lors de la présentation de l’étude à Johannesburg.
Mais « les tensions commerciales mondiales, la volatilité de l’inflation et l’incertitude politique accrue ont rendu la situation difficile pour tous, » a-t-il déclaré.
L’activité économique atone du pays est plombée par un taux de chômage dépassant 32%, les jeunes étant les plus durement touchés.
Pour lutter contre le chômage, l’OCDE a déclaré qu’il était « essentiel de donner la priorité aux réformes visant à lever les obstacles au dynamisme des entreprises et à améliorer la capacité des travailleurs à accéder à l’emploi. »
Obstructions aux opportunités
L’étalement urbain, héritage de l’apartheid, prive de nombreuses personnes d’opportunités d’emploi, et les trajets domicile-travail longs et coûteux pèsent sur les travailleurs, selon l’institution basée à Paris.
L’OCDE a exhorté l’Afrique du Sud à investir davantage dans les infrastructures publiques, mais a mis en garde contre l’augmentation de la dette.
« La dette publique est passée de 31,5% du PIB en 2010 à 77% du PIB en 2025, selon les prévisions », a-t-elle précisé.
« Les dépenses devraient être maîtrisées grâce à des règles budgétaires renforcées et réorientées, notamment pour permettre des investissements publics plus importants tout en protégeant les dépenses sociales, » a-t-il ajouté.
L’électricité, le nerf de la guerre
L’Afrique du Sud a pris des mesures pour résoudre la crise de l’électricité. Elle n’a connu que 69 jours de coupures de courant planifiées l’année dernière, contre 289 jours l’année précédente.
Cependant, l’accès insuffisant et persistant à l’électricité a un impact négatif sur « l’activité, l’investissement, les exportations et le niveau de vie, » souligne l’OCDE.
L’institution économique a également souligné que ce pays, dépendant du charbon, devait accélérer ses efforts pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre et s’adapter aux risques climatiques, tout en reconnaissant que le financement de la transition verte « est limité et entre en concurrence avec d’autres enjeux urgents. » »
Avec AFP





Afrique du Sud



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