La République démocratique du Congo (RDC) a lancé ce jeudi 9 avril, sa première émission d’euro-obligations ciblant les investisseurs avec des titres de maturité de cinq et dix ans. Bien que le montant définitif n’ait pas encore été confirmé, Kinshasa avait indiqué en janvier dernier, vouloir lever dans un premier temps, 750 millions de dollars dans le cadre d’un programme d’euro-obligations de 1,5 milliard de dollars. Les fonds seront affectés au développement des infrastructures.
Voilà qui devrait rassurer les participants à la grande conférence nationale des infrastructures qui se tient ce jeudi 9 avril dans la capitale.
Ces deux emprunts sont des obligations de premier rang non garanties et amortissables, c’est-à-dire remboursables sur plusieurs années. Les rendements indicatifs de l’obligation arrivant à échéance en 2032 étaient d’environ 9,125 % et ceux de l’émission en 2037, d’environ 10 %.
Cette sortie du pays sur le marché financier international intervient dans un contexte d’intérêt mondial accru pour ses vastes réserves de minéraux essentiels à la transition énergétique, alors que les Etats-Unis et leurs alliés cherchent à diversifier leurs chaînes d’approvisionnement en s’éloignant de la Chine. Cette dynamique a été renforcée par une perspective de notation de crédit «positive» attribuée en janvier 2026 par S&P Global Ratings. L’agence de notation évoquait par ailleurs «des perspectives de croissance économique robustes et des améliorations au niveau des réserves de change et du recouvrement des impôts.»
Les ventes d’obligations sur les marchés émergents ont atteint un niveau record en début d’année, avant de s’interrompre brutalement lorsque les incertitudes liées à la guerre au Moyen-Orient ont fait grimper en flèche les prix de l’énergie et alimenté les craintes d’une inflation croissante et des taux d’intérêt. Mais la situation sur les marchés financiers internationaux s’est détendue en début de semaine après que Washington a accepté un cessez-le-feu provisoire de deux semaines avec Téhéran.
Parallèlement, des risques nationaux importants persistent également pour ce producteur majeur de cobalt et de cuivre. Dans sa note de base adressée aux investisseurs, la RDC a souligné les vulnérabilités liées à sa dépendance aux exportations minières, à l’instabilité dans ses régions orientales en proie aux conflits ainsi qu’à sa dépendance au financement concessionnel, qui représente 97 % de sa dette extérieure.
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