Pour la société civile congolaise et les Etats-Unis, l’homme d’affaires israélien Dan Gertler et ses ramifications dans le pays, sont le symbole du pillage des ressources du pays. Lancé dans un assainissement du secteur minier depuis son élection, Félix Tshisekedi a obtenu en février un accord pour récupérer les actifs détenus par l’homme d’affaires israélien.
Le gouvernement a enfin publié jeudi 1er décembre le protocole d’accord signé en février dernier avec le groupe Ventura, propriété de l’homme d’affaires israélien Dan Gertler, afin de régler à l’amiable le litige qui les opposait. Cette divulgation, pourtant obligatoire d’après la législation nationale en vigueur et les engagements internationaux signés par la RDC, n’a été rendue possible qu’avec la pression du FMI.
Kinshasa recevra notamment un paiement de 57 millions de dollars assorti d’un intérêt annuel de 6 % pour les redevances minières dues à l’Etat sur la production de cuivre et de cobalt, après déduction des dettes de la Gécamines (la société nationale d’exploitation des mines) vis-à-vis du groupe Ventura. La RDC rentre également en possession de tous les actifs miniers et pétroliers appartenant à Dan Gertler dans le pays.
Enfin, le ministre des Finances congolais, Nicolas Kazadi, a assuré à la presse que le milliardaire israélien ne mènera plus d’activités en RDC, même si l’accord ne le mentionne pas. Pour arriver à ce résultat, les deux parties ont renoncé à toute poursuite judiciaire et Kinshasa a même promis son soutien à l’homme d’affaires dans la résolution de son différend avec Washington.
Les États-Unis ont imposé depuis 2017 des sanctions à l’encontre de l’homme d’affaires accusé d’avoir tiré profit de ses liens avec l’ancien président Joseph Kabila pour « piller » les ressources de la RDC. C’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles une partie de la société civile congolaise n’est pas satisfaite de cet accord.
Le collectif « Le Congo N’est Pas A Vendre » qui a estimé que les activités de Dan Gertler en lien avec les actifs miniers et pétroliers congolais pourraient coûter 4 milliards de dollars au pays d’ici 2039, demande ainsi la publication des annexes du protocole d’accord. Il dénonce également un accord « préjudiciable » à la RDC et appelle à sa révision.





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