L’Eléphant pose un nouveau jalon pour étoffer l’écosystème de son secteur agricole, véritable traction de l’économie du pays. En marge du Salon international de l’Agriculture qui se tient jusqu’à ce dimanche 1er juin, le gouvernement a procédé au lancement officiel de la Bourse des matières premières agricoles. Ce marché où seront négociés dans un premier temps, les commodities produits dans la sous-région, est un projet stratégique pour la Côte d’Ivoire, une des puissances agricoles régionales
«Cette Bourse répond à l’impératif de moderniser et de structurer durablement la commercialisation des produits agricoles ivoiriens,» explique Kobenan Kouassi Adjoumani, ministre ivoirien de l’Agriculture.
La cotation va démarrer avec trois produits emblématiques : la noix de cajou, la noix de cola et le maïs. Le café et le cacao eux, empruntent d’autres canaux et obéissent à des schémas spécifiques. Si «la mayonnaise prend,» les autorités espèrent structurer et moderniser la négociation sur toute la chaîne, du producteur au détaillant en passant par la noria d’intermédiaires qui pullulent dans le secteur. Il s’agit donc d’organiser un marché fiable pour les spéculations, d’apporter la transparence dans la fixation des prix, de stimuler la production, de fluidifier la circulation des produits et d’améliorer les revenus des producteurs ainsi que l’accès au financement.
Effet d’émulation de grandes places mondiales
Inspirée des grandes places mondiales comme l’ICE (Etats-Unis) ou le Zhengzhou Commodity Exchange (Chine), la Bourse ivoirienne des commodities agricoles repose sur une architecture marquée par une régulation indépendante, un système de compensation centralisé, des entrepôts certifiés, des contrats standardisés, et une intermédiation assurée par des courtiers agréés. La plateforme de cotation est ouverte aux acteurs régionaux et internationaux.
Les premiers produits admis à la côte (noix de cajou, noix de cola, maïs), illustrent un positionnement stratégique. Ce sont des produits où la Côte d’Ivoire est déjà un acteur mondial. En valorisant localement ces filières et en injectant plus de concurrence, cette Bourse devrait renforcer le pouvoir de négociation des producteurs et, espèrent les pouvoirs publics, attirer les investisseurs dans le secteur agricole.
A la première séance de cotation (ndlr : mercredi 28 mai), les volumes sont restés plutôt anecdotiques. Au total, 88,81 tonnes de produits ont été échangées pour une valeur de 30,84 millions FCFA (53.280 dollars) ; 47,81 tonnes de noix de cajou, 1 tonne de noix de cola et 40 tonnes de maïs.
Afrique : cinq bourses des matières premières agricoles
Ces échanges ont été réalisés sur des contrats spot standardisés, adossés à des entrepôts certifiés, situés à Korhogo au nord du pays et Bouaké, avec une plateforme digitale interconnectée en temps réel. Cette journée inaugurale a mobilisé plusieurs acteurs, à savoir des ministères, des producteurs, des institutions financières, des partenaires techniques et des courtiers.
A terme, Abidjan ambitionne de faire du marché ivoirien des commodities agricoles une référence continentale pour les prix des matières premières agricoles. Son succès pourrait inspirer d’autres pays en quête de souveraineté alimentaire, ou de transformation structurelle de leur secteur agricole.
A noter qu’à date, l’Afrique compte cinq bourses des matières premières agricoles. Le South African Futures Exchange est de loin, leader avec des transactions estimées à 81,7 milliards de dollars. Le Caire et Nairobi sont également parmi les marchés les plus actifs mais avec des volumes qui restent modestes.





Côte d’Ivoire





