Le Sénégal est entré samedi en campagne pour une durée de deux semaines en vue d’élire son cinquième Président, après la décision du chef de l’Etat sortant, Macky Sall, élu en 2012 et réélu en 2019, de ne pas briguer un nouveau mandat et de quitter le pouvoir le 2 avril
Les 19 candidats retenus par le Conseil constitutionnel le 20 janvier, dont une femme, ont commencé déjà à décliner leurs programmes soit devant la presse ou lors des rencontres avec les électeurs.
Les Sénégalais devaient en principe voter le 25 février, mais le Président Macky Sall a décidé de reporter le 3 février dernier le scrutin, et ce à la veille du début de la campagne électorale.
Date du 2eme tour non encore connue
Après des semaines de crise, le Président de la République et le Conseil constitutionnel ont fixé la date du 24 mars pour la tenue du 1er tour du scrutin. Il a été aussi décidé par décret présidentiel que la campagne électorale commence samedi et prenne fin le 22 mars à minuit. Elle se tiendra pendant le mois de Ramadan.
La date d’un deuxième tour probable n’est pas encore fixée. Avec le début de la campagne, les Sénégalais vont pouvoir choisir le 24 mars entre les 19 candidats : 18 hommes et une femme qui tous briguent un premier mandat. L’un des 19 candidats au scrutin et ancien maire de Dakar, Khalifa Sall, membre de l’opposition, a lancé sa campagne samedi après-midi avec une tournée dans plusieurs quartiers de la capitale Dakar.
« Je suis heureux après tous ces mois d’épreuves et d’incertitude qu’on puisse commencer enfin cette campagne électorale », a-t-il notamment déclaré à la presse.
Le candidat Amadou Ba dans la continuité de Macky Sall
A signaler que c’est la première fois dans l’histoire du Sénégal que le chef de l’Etat sortant ne se présente pas à l’élection. Le Président Macky Sall, qui a affirmé qu’il quitte le pouvoir le 2 avril 2024, fin de son mandat, a désigné celui qui était son Premier ministre il y a encore quelques jours, Amadou Ba, comme le candidat de son camp. Ce dernier affirme viser une victoire dès le premier tour.
Le programme de Amadou Ba, qui s’inscrit dans la continuité des réalisations des deux mandats de Macky Sall, repose sur cinq axes principaux articulant la vision d’un Sénégal stable, prospère, et en sécurité.
Amadou Ba, qui se présente comme l’incarnation de l’unité, la paix, et de l’espoir pour le Sénégal, vise à promouvoir la générosité pour un pays stable et prospère, tout en valorisant l’authenticité et la responsabilité. Son programme met l’accent sur une prospérité partagée à travers une plateforme ouverte et inclusive.
Diomaye Faye pour un Vice-président et la création d’une monnaie nationale
Pour sa part, le camp de Bassirou Diomaye Faye, candidat du parti « Pastef » dissous en juin dernier et détenu depuis avril 2023, espère bénéficier de la Loi d’amnistie adoptée récemment et portant sur les violences commises lors de plusieurs épisodes de contestation meurtrière depuis 2021.
En attendant son éventuelle libération, la coalition de Bassirou Diomaye Faye a présenté samedi soir son programme à la presse. Ce programme est essentiellement axé sur le renouveau institutionnel avec en toile de fond l’élection d’un Vice-président devant entrainer la suppression du poste de Premier ministre et la création d’une monnaie nationale.
Dans cette optique d’engager une réforme profonde des institutions, “nous mettrons fin à la concentration des pouvoirs entre les mains du président en instituant sa responsabilité, sa révocabilité, son obligation de rendre des comptes“, a dit devant la presse Daouda Ngom, le président du mouvement des cadres patriotes en procédant à la présentation du programme politique de 55 pages.
Daouda Ngom a évoqué dans cette perspective leur engagement à instaurer le poste de Vice-président élu en tandem avec le Président de la République et la suppression du poste de Premier ministre.
Selon l’universitaire, le projet politique de la coalition « Diomaye Président » qui a été présenté devant des leaders de l’opposition comme l’ancienne Premier ministre Aminata Touré, vise essentiellement “le renouveau institutionnel et l’engagement africain, l’économie endogène et la souveraineté alimentaire”.
Il a aussi parlé d’un volet consacré au “capital humain et à la qualité de vie”, “le développement des sciences et des infrastructures durables”, “la sécurité nationale et le rayonnement international.”
Pour sa part, le président du parti Rewmi Idrissa Seck, ancien Premier ministre, a débuté sa campagne par une rencontre à Ouakam, quartier de Dakar, avec les acteurs de la pêche.
A noter que Khalifa Sall et l’ex-Premier ministre Idrissa Seck, candidat de la « coalition IDY2024 », sont cités comme des prétendants de ce scrutin. Mais personne n’est assuré d’être au second tour, estiment des analystes.
Ceci étant, selon des données de la Carte électorale, sont prévus 15 633 Bureaux de vote dans le pays pour un total de 7 033 854 électeurs et 807 bureaux de vote à l’Étranger pour un total de 338 040 électeurs.
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