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Thami Ghorfi, Président de l’ESCA Ecole de Management

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 » La géopolitique conditionnera le manager africain de demain « 

 

L’Institut euro-africain de management (INSEAM) est un laboratoire des pratiques managériales en Afrique. Les écoles privées qui y adhèrent agissent en réseau afin de servir un contenu pédagogique qui permet de former une élite africaine affranchie des clivages étatiques, à la fois efficace localement et opérationnelle globalement. Entretien.

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Thami GhorfiAFRIMAG : Plusieurs secteurs d’activité économiques au Maroc se sont engagés dans une stratégie d’expansion en Afrique. Est-ce que l’INSEAM ou des expériences similaires dans l’enseignement supérieur privé peuvent décider les opérateurs à franchir le pas de l’expansion vers l’Afrique ?

 ThamiGhorfi : Notre mission est d’accompagner les entreprises en répondant au mieux à leurs besoins, à travers la compétence des talents que nous formons – qui leur permettent d’agir-, et à travers la recherche, qui les aide dans la prise de décision. Certaines de ces entreprises, devenues multinationales en partant du Maroc, et opérant dans la banque, dans l’immobilier… sont aujourd’hui des locomotives de l’expansion en Afrique. Mais le développement de ces multinationales passe par la structuration des écosystèmes locaux. Le capital humain est au cœur du dispositif… l’INSEAM se mobilise à leurs côtés pour accélérer ce développement en leur proposant les profils nécessaires : des développeurs « locally-rooted and globally-opened », enracinés dans les réalités locales, ouverts à l’international, entreprenants et responsables. Le succès de l’ESCA vient en partie de la qualité de son partenariat avec Grenoble Ecole de Management (GEM).

Dans quelle mesure, l’esprit de ce partenariat est-il répercuté au niveau de l’INSEAM ?

L’INSEAM est le fruit de l’alliance entre ESCA Ecole de Management et Grenoble Ecole de Management qui ont cherché en 2010, à un moment où l’Afrique n’était pas dans les radars des multinationales, à monter un modèle innovant d’enseignement et de recherche à l’échelle du continent africain.

Avec cette alliance, les deux établissements ont fédéré une communauté de business schools qui partagent les mêmes valeurs et les mêmes engagements : des valeurs d’excellence, d’innovation et d’ambition pour leurs étudiants et leurs écosystèmes, mais aussi un véritable engagement pour développer les meilleures pratiques académiques et la recherche sur les économies africaines en émergence.

L’ESCA et le GEM placent l’approche géopolitique au cœur de leurs partenariats. En quoi ceci est déterminant pour les futurs profils à former ?

Effectivement, un tel engagement de la part de business schools peut paraître a priori surprenant. A priori seulement car, à ESCA comme à GEM, nous sommes convaincus que, face à des marchés mondialisés, la maîtrise des fondamentaux de la gestion et des techniques de développement à l’international ne suffit plus. Il est aujourd’hui essentiel pour les managers de comprendre les grands mouvements géopolitiques, d’analyser les événements qui agissent comme forces de changement dans les différentes régions du monde, et d’appréhender les risques inhérents à un pays, un secteur, un investissement ou une activité.

Qu’est-ce qui rend perceptible, à votre avis, cette assertion qui veut que le Maroc soit un hub pour certains pays africains pour les investisseurs du monde entier ? Est-ce le cas dans l’enseignement supérieur et comment ?

Par rapport à l’Afrique, le Maroc offre une position géostratégique unique, bénéficie de plus de 50 accords de libre-échange et d’un partenariat privilégié avec l’Union européenne à travers le statut avancé, offre des infrastructures performantes, une stabilité politique et un climat des affaires qui ne cesse de s’améliorer.

Le Maroc est également le 2e émetteur d’IDE africains après l’Afrique du Sud, et le 1e investisseur africain dans les pays de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA).

S’agissant de l’enseignement supérieur privé, le pays présente tous les atouts pour devenir un hub : la force de l’expertise, avec des institutions de qualité, publiques et privés, dans toutes les spécialités (médecine, technologies, sciences de l’ingénieur, maîtrise des infrastructures…) et évidemment dans le management ; la dynamique économique mais aussi l’ouverture culturelle et le multilinguisme.

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