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Wafaa Bouab Bennani, Directeur général de l’ESTEM

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Les penchants africains de l’ESTEM et de Madame WafaaBouab Bennani, sa Directrice, ne font aucun doute. Elle vient d’être nommée par le Roi du Maroc à la tête de la Commission capital humain-formation du Groupe d’impulsion économique Maroc-Sénégal. L’ESTEM, elle, prépare sa mue en université. Interview.

 

Wafaa Bouab EstemAFRIMAG : Vous venez d’être nommée par le Roi Mohammed VI à la tête de la Commission capital humain-formation au sein d Groupe d’impulsion économique Maroc-Sénégal. Comment envisagez-vous vos nouvelles fonctions ?

Wafaa Bouab Bennani : En premier lieu, c’est un honneur pour moi que de présider une commission si importante au sein du GIE (Groupe d’impulsion économique). Personnellement, c’est l’aboutissement d’un engagement de longue haleine. En fondant, l’Ecole supérieure en ingénierie de l’information, télécommunication, management et génie Civil (ESTEM), j’ai placé l’Afrique au centre de notre stratégie d’expansion. A force de travail, de voyages et de partenariats, l’école est présente aujourd’hui dans plusieurs pays africains: le Sénégal, le Mali, la Côte d’Ivoire et le Cameroun. Je pense que cette expérience fructueuse acquise est une ressource importante que je mettrais à la disposition du GIE.

Quelle place occupe la formation des élites dans la stratégie d’ouverture des opérateurs économiques marocains vers l’Afrique ?

Je dirais que tous les opérateurs sont conscients de l’enjeu. Sans des ressources locales opérationnelles et efficaces, il y a peu de chance que le succès soit au rendez-vous. Notre rôle au sein du GIE sera justement de les accompagner et de leur proposer des voies de conduites opérationnelles pour accéder à des ressources à la fois qualifiées et opérationnelles. Cette élite africaine locale sera de plus en plus précieuse et rare. Il faudra, désormais, la démarcher, la recruter et bien évidement la former et la recenser pour la rendre disponible au profit des recruteurs marocains actifs dans le continent. Grâce à l’engagement africain des écoles supérieures marocaines, des centaines voire des milliers d’étudiants africains sont accessibles ici au Maroc, formés et prêts à retourner dans leurs pays avec un contrat de travail et un challenge dans les bagages. S’appuyer sur les compétences des pays d’investissement pour mieux s’intégrer est, d’ailleurs, l’esprit de la volonté royale lors du lancement du GIE. Cela suppose que les projets marocains initiés en Afrique recourent rarement à l’expatriation des compétences et emploient des ressources originaires du pays d’investissement.

Sur le terrain, est-ce que cet engouement pour l’Afrique est perceptible dans les stratégies RH des opérateurs ?

Sur le plan théorique, il s’agit d’une nécessité urgente. Dans la pratique les cas sont rares. L’ESTEM vient, par exemple, de signer une convention avec l’aménageur TGCC visant justement à lui procurer des profils qui alimenteront ses besoins en ressources locales pour ses filiales et succursales ouvertes en Afrique. Dans un futur proche, ce sera la règle. Car d’un point de vue financier pur, une ressource locale pèse moins sur l’investissement et aura toujours un rendement supérieur à une compétence délocalisée.

Vous dirigez l’ESTEM, une école avec un fort penchant africain. Comment vivez-vous votre aventure africaine ?

L’ESTEM a toujours placé l’Afrique au cœur de sa stratégie de développement. Nous avons très tôt pris la mesure de cet enjeu et nous avons mis en place une stratégie visant à marquer notre place auprès des étudiants et du corps professoral africain. Nous sommes présents dans plusieurs pays à travers des bureaux de représentation qui accompagnent l’étudiant dans toutes les démarches liées à son inscription. Nous disposons également de partenariats forts avec des écoles qui constituent un relais d’action important. C’est un travail de longue haleine qui aboutit aujourd’hui à faire de l’ESTEM une école supérieure privée marocaine très appréciée sur le continent. A titre d’exemple, la Côte d’Ivoire nous confie, via un programme de bourses, ses 20 premiers lauréats du baccalauréat pour qu’ils fassent leurs classes prépa et postulent ainsi aux concours d’accès des écoles marocaines et internationales les plus réputées. Actuellement, nous travaillons à mettre en place une université dite Casa-Centre. C’est un projet qui me tient personnellement à cœur et qui s’inscrit dans la lignée des actions entamées par l’ESTEM. En plus de livrer un contenu pédagogique de haut niveau, notre groupe proposera aux étudiants africains des services d’hébergement et d’assistance en tout genre.

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