Dix-huit mois après la décision de la baisse des redevances de survol et des taxes aéroportuaires voulue par les chefs d’Etat de la Cédéao au sommet de décembre 2024, la mise en œuvre est au point mort. Réunie dans la capitale togolaise jeudi 2 et vendredi 3 juillet, le Comité de Supervision économique du Transport aérien au sein de la Cédéao (Ecateoc) tente de donner corps à cette décision dont les effets peinent encore à impacter le prix du billet d’avion pour le passager Lambda.
Togo accueille les 2 et 3 juillet, la première réunion du Comité de supervision économique du transport aérien de la Cédéao. Pendant deux jours, les directeurs généraux de l’Aviation civile, les gestionnaires d’aéroports, les compagnies aériennes et les fournisseurs de services de navigation aérienne de la sous-région, tiennent un mega brainstorming sous la présidence du ministre togolais des Transports, Comla Kadje. Ce rendez-vous est le prolongement d’une décision prise en décembre 2024 à Abuja lors d’un sommet de la Cédéao qui avait supprimé un chapelet des taxes non directement liées au transport aérien et une réduction d’au moins 25 %, de redevances « passager » et « sécurité », à partir du 1er janvier 2026. Il s’agit de la taxe sur les billets, la taxe de solidarité, la taxe sur le tourisme et la taxe sur les voyages à l’étranger. Deux ans après, cette décision n’a pas connu le moindre début d’application ; elle reste clouée au sol partout sauf en Côte d’Ivoire. En avril dernier, les autorités avaient décidé de réduire de 25 % les redevances sur les vols intra-Cédéao. En principe, tous les Etats membres de la Cédéao ont l’obligation de transposer la décision prise par le Sommet de décembre 2024 au plus tard fin juillet décembre 2026.
Les coûts du billet d’avion dans la Cédéao sont 85 % plus élevés que la moyenne mondiale pour les vols régionaux et 82 % plus élevés pour les liaisons internationales. Les passagers doivent s’acquitter de jusqu’à une dizaine de redevances de tous genres, tandis que les compagnies aériennes font face à une ribambelle de frais divers qu’elles répercutent sur le passager.
« Le transport aérien dans notre région demeure l’un des plus coûteux au monde. Cette réalité limite sa capacité à jouer pleinement son rôle dans la facilitation des voyages, la mobilité de la main-d’œuvre et des services, ainsi que la connexion des familles et la libre circulation des personnes et des biens », concède Damtien Tchintchibidja, vice-présidente de la Commission de la Cédéao, à l’ouverture des travaux du Comité de Supervision économique du Transport aérien au sein de la Cédéao. Selon les données de l’Association des compagnies aériennes africaines (AFRAA), les taxes et redevances au départ d’un vol international atteignent en moyenne 92 dollars par passager dans l’espace Cédéao, contre 32 en Europe et au Moyen-Orient.





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