Le Tchad, la Guinée équatoriale et la RD-Congo sont les pays africains les plus exposés au risque de blanchiment d’argent sale selon le rapport que vient de publier The Basel Institute on Governance, un centre de recherche adossé à l’Université de Bâle spécialisé. L’index 2025 de cet institut jauge la vulnérabilité de 177 pays et territoires au blanchiment d’argent et aux crimes financiers connexes, ainsi que leur capacité à faire face à ces menaces.

Le score résulte d’une synthèse de 17 indicateurs issus notamment des évaluations du GAFI, de Transparency International et de la Banque mondiale. Ces indicateurs sont déclinés en cinq catégories : la qualité de la réglementation concernant la lutte contre le blanchiment d’argent, les risques de corruption et de fraude, la transparence financière, la transparence de l’action publique et la responsabilité ainsi que les risques juridiques et politiques.
Les scores de différents indicateurs sont déclinés sur une échelle allant de 0 à 10 points. Une pondération est affectée à chaque indicateur afin d’agréger les scores en une moyenne générale sur une échelle de 0 à 10 points également. Plus le score d’un pays se rapproche de 10, plus le risque de blanchiment d’argent est élevé, et vice versa. Les pondérations retenues sont les suivantes : qualité du cadre règlementaire relative à la lutte contre le blanchiment d’argent (50%), risques de corruption et de fraude (17,5%), transparence financière (17,5%), transparence de l’action publique et responsabilité (5%), et risques juridiques et politiques (10%).
Les pays étudiés sont classés selon trois niveaux de risque d’exposition au blanchiment d’argent : risque faible (moins de 4,70 points), risque moyen (entre 4,70 et 6,08 points) et risque élevé (plus de 6,08 points).
Des progrès significatifs relevés en Afrique subsaharienne
Au niveau africain, la RD-Congo (3e rang mondial) arrive au 1er rang des pays les plus exposés au risque de blanchiment d’argent avec un score de 7,63 points. Suivent juste derrière, le Tchad (4e rang mondial), la Guinée équatoriale (5e), le Gabon (8e), la Centrafrique (9e), la Guinée-Bissau (10e), le Congo-Brazzaville (11e), Djibouti (13e) et le Niger (14e). L’Algérie, 15e mondial, clôture le Top 10 africain.
A l’opposé, les dix pays africains les moins exposés au blanchiment d’argent d’origine douteuse sont : le Botswana (4,12 points), les Seychelles, Maurice, la Tunisie, la Namibie, le Maroc, le Ghana, l’Egypte, la Zambie et le Sénégal.
Tout n’est pas sombre dans le tableau brossé par le centre de recherche de l’Université de Bâle. Plus globalement, l’Afrique subsaharienne a enregistré une amélioration sensible, grâce notamment au retrait de 6 pays de la liste grise du Groupe d’action financière (GAFI), le principal organisme mondial de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. 70 % des pays de cette région enregistrent une amélioration significative de leurs scores en 2025. De plus, sept des dix pays ayant le plus progressé au niveau mondial sont situés en Afrique subsaharienne : Liberia, Mozambique, Burkina Faso, Nigeria, Mali, Tanzanie et Côte d’Ivoire.
Elizabeth Andersen, Directrice générale de l’Institut de Bâle sur la gouvernance, a déclaré : «La lutte contre le blanchiment d’argent et les infractions financières connexes – telles que la corruption, la fraude, les atteintes à l’environnement et le trafic de stupéfiants, qui ont des conséquences dramatiques sur la vie des gens – commence par la compréhension des risques. C’est précisément l’objectif de l’indice de Bâle en matière de lutte contre le blanchiment d’argent. Bien plus qu’un simple score, il s’agit d’un outil permettant d’explorer les facteurs qui sous-tendent le profil de risque d’une juridiction. Nous espérons qu’il continuera d’orienter les décideurs et les praticiens afin qu’ils concentrent leurs efforts et leurs ressources là où ils auront le plus d’impact. »











