Le Cameroun se distingue par l’une des populations les plus jeunes d’Afrique centrale, mais derrière cette vitalité se cache une réalité alarmante. Près de 2 millions d’enfants sont orphelins ou vulnérables, confrontés à la malnutrition, à des problèmes de santé et à un accès limité à l’éducation.
Dans un pays où le système de protection sociale reste insuffisant, beaucoup n’ont d’autre recours que les orphelinats, des structures elles-mêmes souvent fragiles.
Une vulnérabilité croissante et des causes multifactorielles
Le Cameroun se distingue par une population très jeune : près de la moitié de ses habitants, soit environ 14,6 millions de personnes, sont des enfants, selon un rapport de l’UNICEF de 2025. Cependant, derrière cette jeunesse dynamique se cache une réalité préoccupante : l’enfance vulnérable y est profondément touchée. La précarité des conditions de vie, accentuée par de multiples facteurs, fragilise les familles et menace la stabilité du noyau familial.
La disparition prématurée d’un parent est une cause fréquente, souvent liée à des maladies insuffisamment prises en charge ou à un manque d’accès aux structures médicales de base, mais aussi aux accidents domestiques ou routiers fréquents. À cela s’ajoute l’impact de l’insécurité persistante dans certaines régions, notamment dans l’Extrême-Nord et dans les régions anglophones, qui génère des déplacements et des pertes parentales.
Enfin, la misère économique généralisée joue un rôle dévastateur. Confrontées à des difficultés économiques insurmontables et à des situations familiales instables, certaines familles, déjà au bord de la rupture, sont poussées à l’abandon ou à la douloureuse décision de confier leurs enfants à des structures d’accueil, faute de pouvoir subvenir à leurs besoins élémentaires.
Dans ces conditions, l’orphelinat devient un espace de reconstruction vital, le seul cadre où l’enfant retrouve une forme de stabilité, un rythme de vie, des repères et, bien souvent, pour la première fois, un accès régulier à l’éducation.
Le rôle clé des fondations privées, l’exemple de la Fondation ASAF Cameroun d’Eran Moas
Malgré le rôle vital des orphelinats, ces structures fonctionnent majoritairement dans l’ombre, avec peu de moyens et un nombre croissant d’enfants à accompagner. Beaucoup s’appuient sur des bénévoles et sont confrontés à des ressources financières limitées et à des infrastructures insuffisantes. Elles doivent en outre prendre en charge des enfants aux besoins très variés, souvent traumatisés ou en situation de handicap, avec un personnel réduit et des conditions matérielles précaires, limitant la mise en œuvre d’améliorations durables.
C’est dans ce contexte de besoins urgents que l’intervention d’acteurs de la société civile, comme ASAF Cameroun, fondée par Eran Moas, prend tout son sens. En fin d’année 2025, la fondation a apporté un soutien majeur à deux orphelinats, permettant d’améliorer durablement le quotidien de 89 enfants.
Grâce à un don de 25 000 euros, des travaux essentiels ont pu être réalisés : la réhabilitation et la construction de sanitaires modernes, l’installation de portails sécurisés, la rénovation des espaces de vie et la création d’aires de jeux adaptées. Ce soutien s’est doublé de la fourniture de matériel éducatif et alimentaire, garantissant un cadre plus sain et plus propice au développement des enfants.
Pour les équipes éducatives, ce soutien est une véritable transformation du quotidien. « Grâce à ASAF, nos enfants bénéficient désormais d’un cadre sécurisé et stimulant. Cela change notre quotidien », explique M. Serge Mayag, responsable de l’Orphelinat Divin.
Pour Eran Moas, ces actions s’inscrivent dans une démarche de cohérence et de continuité. Depuis plus de quinze ans, la fondation se consacre à l’éducation, la santé et la protection de l’enfance, concentrant ses efforts sur les structures les plus démunies. Cette initiative illustre que l’engagement collectif peut transformer la vie de centaines d’enfants et semer les bases d’une société plus juste.
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