Devant une assemblée composée d’opérateurs privés, le ministre des Finances, Christian Yoka, a annoncé la semaine dernière une réforme fiscale qualifiée de «majeure» dans le cadre du projet de loi de finances 2026. La mesure la plus spectaculaire est la disparition de l’Impôt sur le revenu des personnes physiques (IRPP), du moins sous sa forme actuelle. L’IRPP sera remplacé par quatre nouveaux impôts distincts : l’Impôt sur les traitements et salaires, l’Impôt sur les revenus fonciers, l’Impôt sur les revenus des capitaux mobiliers et l’Impôt sur le bénéfice. Il s’agit en fait, d’un retour à la case-départ car c’est ce schéma qui existait avant le regroupement de ces taxes en un seul impôt général sur le revenu
Contrairement à l’IRPP, ces taxes qui seront appliquées à partir du 1er janvier 2026, ne prendront pas en compte la situation familiale ou matrimoniale du contribuable. Exit également la notion de foyer fiscal, de parts et de distinction entre personnes mariées et célibataires.
Le gouvernement justifie cette réforme par «la volonté de simplifier le système, d’élargir l’assiette et de renforcer le civisme fiscal.» Il s’agit de baisser les taux et d’améliorer la pression fiscale en la rendant plus équitable, explique le ministre des Finances, Christian Yoka. L’objectif attendu est d’augmenter les recettes fiscales de 17% dès l’année prochaine tout en contenant la croissance de dépenses publiques à 3%. Une discipline budgétaire indispensable pour maîtriser l’endettement, notamment vis-à-vis du marché financier régional.
Face à une mesure qui les a pris de court, les organisations patronales ont profité du dialogue avec l’argentier du pays pour faire passer un certain nombre de requêtes relatives aux rapports avec l’administration fiscale et au système d’imposition. L’une d’elles porte sur les contrôles fiscaux, «qui devraient davantage être basés sur une analyse des risques et non sur la pression des besoins du Trésor.» Les opérateurs économiques ont également plaidé pour une baisse des droits d’accise sur les boissons sucrées et le tabac, et que certains produits comme les compléments alimentaires soient exonérés d’impôt. Les chefs d’entreprise ont par ailleurs insisté sur la mise en œuvre rapide de la télédéclaration et du paiement d’impôts en ligne, perçus comme un accélérateur de la modernisation de l’administration fiscale.











