La justice militaire de la République démocratique du Congo (RDC) a officiellement sollicité la levée de l’immunité parlementaire de Joseph Kabila, ex-président et actuel sénateur à vie. Elle souhaite engager des poursuites contre lui pour des accusations particulièrement graves : crimes de guerre, crimes contre l’humanité, trahison et participation à un mouvement insurrectionnel
C’est le ministre de la Justice, Constant Mutamba, qui a annoncé cette initiative à l’agence Anadolu, précisant que l’ancien chef de l’État est soupçonné de liens étroits avec la rébellion de l’Alliance Fleuve Congo/M23 (AFC/M23), active dans l’est du pays.
Complicité présumée avec la rébellion du M23
Depuis la fin janvier, l’AFC/M23 a pris le contrôle de plusieurs villes stratégiques dans l’est de la RDC, accentuant l’instabilité dans la région. Le ministre affirme que Joseph Kabila aurait joué un rôle central dans cette expansion. Selon Mutamba, “un maximum de preuves tangibles et irréfutables” atteste de sa complicité avec les rebelles, et le présente même comme “co-fondateur” de l’Alliance Fleuve Congo, le bras politique du M23.
Des faits post-présidence, selon la justice
Constant Mutamba a insisté sur le fait que les accusations ne concernent pas le mandat présidentiel de Kabila, mais bien des actes commis après son départ du pouvoir en 2019. “La justice a saisi le Sénat car M. Kabila est impliqué en tant que sénateur à vie, et non en tant qu’ancien chef de l’État”, a-t-il précisé.
Vers un gel des avoirs ?
Les autorités judiciaires ont déjà identifié plusieurs biens de Joseph Kabila, tant en RDC qu’à l’étranger. Toutefois, aucune saisie n’a été opérée à ce stade. Le ministre a indiqué que toute action en ce sens dépend de la levée de l’immunité parlementaire, qui permettrait à la justice de “sévir à titre préventif”.
Un appel à comparaître lancé à Kabila
Dans sa déclaration, le ministre de la Justice a invité l’ancien président à se présenter devant la justice congolaise. “Nous l’appelons à venir affronter la justice de son pays. Dans le cas contraire, le procès aura lieu, en sa présence ou en son absence”, a-t-il averti.
Silence du camp Kabila
Le Front commun pour le Congo (FCC), coalition politique de Kabila, ainsi que son parti, le Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), n’ont pas encore réagi à ces accusations. Pour rappel, le gouvernement a suspendu mi-avril les activités du PPRD, l’accusant de collusion avec les rebelles. Le parti a contesté cette décision devant le Conseil d’État.


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