Le Conseil fédéral (gouvernement) a adopté sa nouvelle stratégie pour l’Afrique lors de sa réunion du 20 décembre 2024. Pour la première fois, la stratégie couvre toutes les régions du continent. Elle définit les objectifs et les mesures que la Suisse entend mettre en œuvre entre 2025 et 2028. La paix et la sécurité, la prospérité et la compétitivité, ainsi que l’environnement, la démocratie et la gouvernance constituent les priorités de la stratégie, qui vise à renforcer les relations de coopération avec les Etats africains sur la base d’un partenariat
La Suisse reconnaît l’importance croissante de l’Afrique sur les plans politique et économique : d’ici à 2050, ce continent, qui compte actuellement 1,3 milliard d’habitants, concentrera plus de 25 % de la population du globe. Elle en reconnaît également la grande diversité, ainsi que les défis et opportunités qui en découlent. Dans certaines régions, une grande partie de la population est aux prises avec des problèmes tels que l’extrémisme violent et souffre des crises mondiales et du changement climatique. D’autres régions, en revanche, présentent un potentiel, de développement économique notamment. La stratégie pour l’Afrique 2025-2028 de la Suisse vise autant à saisir les occasions qu’à relever les défis qui se présentent.
De deux stratégies à une stratégie unique pour tout le continent
Pour la première fois, le Conseil fédéral adopte une stratégie pour tout le continent. Jusqu’à présent, deux stratégies traitaient distinctement les relations avec les États de l’Afrique du Nord d’un côté et les États de l’Afrique subsaharienne de l’autre. La nouvelle stratégie repose sur les stratégies précédentes (stratégie pour l’Afrique subsaharienne 2021-2024 et stratégie MENA 2021-2024). Il s’est toutefois avéré qu’il était pertinent d’accorder une plus grande importance aux liens entre l’Afrique subsaharienne et l’Afrique du Nord. Il suffit de songer par exemple à la coopération au sein de l’Union africaine et à des projets phares de cette institution tels que la Zone de libre-échange continentale africaine (AfCFTA), aux liens économiques, aux efforts en faveur de la paix ou encore aux routes migratoires. Une stratégie couvrant l’ensemble du continent africain tient compte de l’importance de ces liens.
Les intérêts helvétiques sur le continent
La stratégie pour l’Afrique a pour objectif d’approfondir les relations entre les Etats africains et la Suisse. La Suisse dispose d’ores et déjà d’un vaste réseau de représentations sur le continent (18 ambassades et 10 bureaux de coopération) et elle est représentée dans presque chaque pays par une ambassade ou un bureau de coopération. Au printemps 2025, le bureau de coopération au Rwanda sera élevé au rang d’ambassade.
La stratégie couvre les cinq régions de l’Afrique (Afrique du Nord, Afrique de l’Ouest, Afrique centrale, Afrique de l’Est et Afrique australe) et formule les objectifs et les mesures prévus par la Suisse. Elle met également l’accent sur le multilatéralisme africain.
La stratégie pour l’Afrique 2025-2028 a pour fil conducteur quatre priorités thématiques, à savoir la paix et la sécurité, la prospérité et la compétitivité, l’environnement, ainsi que la démocratie et la gouvernance.
La Suisse joue un rôle important en matière de politique de paix. Elle est réputée bâtir des ponts, perçue comme un interlocuteur indépendant et fiable et joue la carte de la médiation avec succès. Portées par une classe moyenne en pleine expansion et une population jeune et dynamique, certaines économies africaines affichent une forte dynamique de croissance qui ouvre de nouveaux marchés aux entreprises suisses. Parallèlement à cela, différents conflits alimentent les mouvements migratoires et les déplacements forcés susceptibles de concerner directement l’Europe.
Les thèmes en lien avec la migration jouent un rôle déterminant dans la stratégie pour l’Afrique. La Suisse et ses partenaires européens doivent mettre au point des stratégies pour gérer cette instabilité sur le plan humanitaire, mais aussi pour agir à titre préventif et renforcer ainsi l’appropriation africaine. Le changement climatique a également un effet sur la migration, le continent africain étant particulièrement concerné par les effets du réchauffement planétaire. Une étroite coopération internationale avec l’Afrique sur les questions liées au changement climatique apparaît donc essentielle. La Suisse soutient en outre les valeurs, les processus et les institutions démocratiques dans les États africains. Enfin, elle est également active en matière de politique scientifique extérieure et ne cesse de développer ses activités.
Lors de la mise en œuvre de la stratégie précédente pour l’Afrique subsaharienne, il est apparu clairement que la nouvelle stratégie pour l’Afrique devait davantage prendre en compte la volatilité dans la région. Pour cette raison, elle fait la part belle à l’anticipation systématique et à l’application flexible d’instruments de la politique extérieure. La définition d’objectifs et de mesures clairs a fait ses preuves et sera poursuivie.





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