Il est toujours difficile de nommer la meilleure compagnie aérienne au monde. Sur quels critères se baser ? Comment les contrôler ? Comment s’assurer de la continuité du service ? Certes certains classements existent et ils sont faits avec la meilleure objectivité, tout au moins on peut le leur créditer. Et puis chacun peut se faire son opinion et je vous livre ici la mienne

Revenons dans le passé. Pendant des années, l’icone des compagnies aériennes était la fameuse PAN AM. Elle a régné sur le transport aérien pendant trois décennies au moins. Elle a créé tous les standards encore utilisés de nos jours qu’ils soient reliés aux aspects techniques, opérationnels ou commerciaux. Le nombre des «premières» qu’elle a ouvert est impressionnant, depuis les traversées du Pacifique à bord d’hydravions géants jusqu’à la mise en service de l’extraordinaire Boeing 747 développé par le constructeur sur la demande expresse de Juan Tripe le PDG de la compagnie. Mais même les mythes peuvent disparaitre. C’est ainsi qu’emportée par une certaine arrogance, la compagnie n’a pas survécu à la concurrence féroce qui s’est exercée sur les réseaux internationaux à partir des années 1980.
Comment perdre son aura ?
Pendant un certain temps les compagnies européennes et Air France en particulier ont eu le vent en poupe. Leur qualité de service était unanimement reconnue et elles ont pu mettre en ligne le Concorde, même si seulement 16 appareils ont été opérés par British Airways et Air France. Et puis progressivement ces transporteurs ont perdu leur aura en voulant concurrencer les «low costs» sans pour autant faire baisser leurs coûts internes. Alors les compagnies européennes ont fait payer les économies à leurs clients en densifiant les appareils au-delà du raisonnable et en supprimant ce qui faisait leur charme et leur réputation, le service. Et les opérateurs européens ont dû laisser les premières places à d’autres concurrents venus d’Asie et du Golfe Persique.
Asie et le Golfe persique en pole position
C’est là que je veux en venir car à mon sens la meilleure compagnie du monde se trouve maintenant dans cette partie de la planète. Disons-le tout de suite, deux se détachent par la continuité de leur service et leur performance économique, je veux parler de Singapore Airlines et d’Emirates. Bien entendu ces deux-là ne sont pas les plus gros opérateurs, ils ont même une taille relativement modeste si on les compare aux géants américains. Singapore Airlines opère 142 appareils sur 137 destinations et son homologue des Emirats 250 avions vers 148 destinations. C’est relativement peu par rapport aux quelque 1.500 appareils opérés par chacun des trois géants américains : American Airlines, Delta Airlines et United Airlines. Seulement les Américains exercent la majeure partie de leur activité sur leur marché domestique, ce qui est bien évidemment impossible autant à Emirates qu’à Singapore Airlines.
Ces deux compagnies ont donc dû conquérir leurs clients loin de leurs bases et pour ce faire elles ont été amenées à opérer des flottes de dernière génération avec un service irréprochable, réalisé sur chacun de leurs vols et chaque destination. Ajoutons que l’une et l’autre ont toujours gagné de l’argent à la notable exception des années 2021 et 2022 pour la bonne raison que le Covid a fait ses ravages. Faut-il rappeler que les trois géants américains ont dû passer par un dépôt de bilan et qu’ils n’ont pu survire que grâce aux facilités accordées par le «Chapter 11» et les licenciements massifs qui s’en sont suivis. Rien de tout cela pour Emirates et Singapore Airlines.
Emirates, au sommet de son art
Alors il me reste à trancher entre les deux prétendants dont les mérites sont équivalents. Ma préférence va finalement à Emirates pour au moins deux raisons : la puissance de son opération, en rappelant que sur les 250 appareils exploités, 116 sont des A 380 l’avion géant actuel que les dirigeants européens ont qualifié de machine à perdre alors que Sir Tim Clark le CEO d’Emirates en a fait une machine a cash avec un résultat net historique de 5,2 milliards de dollars lors de son dernier exercice terminé en mars 2025. De son côté d’ailleurs le résultat de Singapore Airlines est lui aussi à la hauteur de ses ambitions avec 2,690 milliards de résultat net. Et puis Emirates arrive, avec la diversité de ses destinations à être dans les tout premiers si ce n’est le premier transporteur international, en maintenant la même qualité de produit y compris dans les services au sol. Reconnaissons que l’un des principaux avantages des deux transporteurs réside dans leur «hub» l’un et l’autre d’une exceptionnelle qualité. Ils disposent d’installations aéroportuaires reconnues comme les meilleures au monde ce qui leur permet de faire transiter leurs clients sans qu’ils en soient pénalisés.
Emirates est aidé certes par son gouvernement mais quelle compagnie ne l’est pas ? Et puis Dubaï serait-il devenu ce qu’il est sans sa compagnie aérienne ?
Allez ne barguignons pas et félicitons chaleureusement les dirigeants de ces deux transporteurs, en leur souhaitant de ne pas descendre de leur piédestal.
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Etats-Unis
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