L’agence de notation financière Fitch Ratings maintient la note souveraine « B » du Cameroun sur ses emprunts en devise à long terme. Sur l’échelle de notation de Fitch, B correspond au 2e niveau de la catégorie «hautement spéculative» soit, 6 paliers au-dessus du défaut de paiement (D), catégorie dans laquelle se trouve par exemple le Ghana. La note de la dette souveraine du Cameroun est assortie d’une perspective stable. A titre de comparaison, Yaoundé reste 2 crans en dessous de la Côte d’Ivoire, notée BB-.
Pour les analystes de Fitch Ratings, la note B du Cameroun «reflète l’économie relativement diversifiée qui sous-tend une croissance résiliente, et un niveau d’endettement public modéré par rapport à ses pairs.» Mettant en exergue la politique gouvernementale d’import-substitution, ils estiment qu’elle devrait permettre au pays de maintenir un niveau de croissance soutenue et ainsi pallier une éventuelle baisse des recettes pétrolières après une envolée des cours provoquée par la guerre en Ukraine.
L’agence prévoit à cet effet une croissance du PIB de 4 % en 2023 et de 4,2 % en 2024, contre 3,7 % en 2022. Cette résilience de l’économie camerounaise devrait être soutenue par une politique d’assainissement budgétaire menée avec le concours du Fonds monétaire international (FMI). Ce qui devrait, projette Fitch, provoquer une réduction du déficit budgétaire à 1,2% puis 1% du PIB respectivement en 2023 et 2024, contre 1,4 % en 2022, et 2,6 % en 2021. «L’assainissement budgétaire progressif reflète l’amélioration de la mobilisation des recettes non pétrolières», souligne l’agence de notation.
L’incertitude sur la succession de Biya est un gros risque
La résilience de l’économie et un déficit budgétaire modéré devraient surtout permettre au Cameroun d’améliorer son ratio d’endettement. Fitch prévoit que l’encours de la dette publique du Cameroun devrait baisser à 39,6 % du PIB en 2024 contre 44,7 % à la fin de 2022.
Toutefois, plusieurs risques rendent hypothétiques les projections optimistes de l’agence et pourraient conduire à déclasser la note du pays dans la catégorie inférieure. Il s’agit notamment de « la baisse de la demande extérieure des principaux partenaires commerciaux du Cameroun, de nouvelles pressions inflationnistes et d’une perturbation de la chaîne d’approvisionnement.» Fitch pointe également du doigt les risques sécuritaires qui affectent « considérablement » les finances publiques, ainsi que les incertitudes autour de la succession du président Paul Biya. « La succession du président Paul Biya, âgé de 90 ans, reste incertaine. Bien que nous supposions que le successeur appartiendra au parti au pouvoir, l’absence de plan de succession pose le risque de luttes intestines entre les partis et menace la continuité politique.»


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