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Forum international Afrique Développement : Priorité à l’agriculture…

Le Forum international Afrique développement (FIAD) est en train de devenir aujourd’hui une référence de l’axe sud-sud. La 4ème édition qui s’est tenue les 25 et 26 février 2016 à Casablanca, a connu un grand engouement : 4186 inscrits, dont 2 400 opérateurs économiques, en provenance de 29 pays, essentiellement d’Afrique, et près de 5000 rendez-vous d’affaires enregistrés. Plateforme d’échanges et de concertations entre les opérateurs économiques du continent africain et du reste du monde et des gouvernants, cette 4ème FIAD a surtout mis l’accent sur le développement du secteur agricole.

Trophées de la Coopération Sud-SudLe 4 ème Forum international Afrique développement (FIAD), Attijariwafa bank en partenariat avec Maroc Export, s’est clôturé en apothéose, vendredi 26 février dernier à Casablanca. Cette grand-messe, de deux jours, qui a été tenue sous le thème «Agriculture et électrification: mobiliser les énergies» a été opportune pour traiter plusieurs problématiques de développement en Afrique constituant, de ce fait, une plateforme d’échanges et de concertations entre les opérateurs économiques et le reste du monde. «Il n’est pas acceptable qu’un Africain sur deux souffre de malnutrition alors que le continent compte 800 millions d’hectares de terres cultivables, non exploitées», lance Mohamed El Kettani, PDG du Groupe Attijariwafa bankdevant un parterre de personnalités de renom dont Tony Elumelu, patron de Heirs Holdings et Jean-Louis Borloo, président de la Fondation Energie pour l’Afrique.C’était à l’ouverture de la 4e édition du Forum international Afrique développement.

L’agriculture, un thème passionnant

L’accent a été mis en particulier sur le développement du secteur agricole, le deuxième secteur en termes de création d’emplois en Afrique. Le continent souffre d’une insuffisance alimentaire et une inefficience en termes de production. «L’agriculture est un secteur peu attrayant pour les jeunes», relève Merouane Ameziane, Directeur stratégie et développement à l’OCP. Le leader mondial des phosphates est confronté en Afrique à un principal obstacle lié à l’organisation de la chaîne logistique. Les opérateurs présents au Forum s’accordent à dire que la transformation du secteur agricole passe par le développement de l’agriculture familiale et que le poids de celle-ci dans le PIB reste très faible. Et pour cause, le manque d’une réelle politique d’accès au financement dédiée aux petits agriculteurs. «Les petits agriculteurs, pour la plupart d’entre eux, ne disposent pas de garantie bancaire, ce qui leur fait barrage quant à l’accès aux ressources financières nécessaires au développement de leur activité», souligne Daouda Gon Coulibaly, Directeur général de la société Audit et contrôle ACE Global UEMOA. Auquel s’ajoute l’absence de mesures d’incitation fiscale ouvrant l’accès au marché à des fonds d’investissement internationaux dotés d’une réelle capacité de financement et un réel savoir-faire. Autre obstacle important sur la voie du développement du secteur dans le continent : le manque de moyens logistiques et techniques.

La quasi-totalité des produits agricoles consommés sont importés, en dépit de la fertilité du sol africain. « Nous ne pouvons pas accepter qu’un Africain sur trois souffre de la faim. La bataille mondiale contre l’insécurité alimentaire doit être gagnée en Afrique », s’insurge le ministre marocain de l’Agriculture, Aziz Akhannouch. Au Maroc, dit-il, la réponse à cette problématique a été le Plan Maroc Vert (PMV), lancé en 2008, et qui a vu depuis l’investissement public-privé augmenter de 14% par an et l’apport des bailleurs culminer à 2,3 milliards d’euros en 2015. Huit ans après son lancement, le PMV a fait passer le taux de mécanisation de 5 à 7 tracteurs par 100 hectares soit au-delà de la norme minimale de 36% fixée par la FAO. En l’espace de huit ans, la production agricole du royaume a augmenté de 43% portée notamment par la filiale oléicole, passée de 743 000 tonnes en 2008 à 1, 4 million en 2015. La production du sucre blanc atteint quant à elle 510 000 tonnes, soit un taux de couverture de 43% contre 29% il y a 5 ans.

Le ministre gabonais de l’Agriculture, Mathieu Mboumba, en charge du programme Graine, pour sa part, a invité les leaders du continent à replacer l’agriculture au cœur du développement. «Nous ne devons plus considérer notre agriculture comme une activité de survie ou par défaut», a-t-il notamment déclaré. Présent également lors de la cérémonie d’ouverture, le ministre marocain des Affaires étrangères, Salaheddine Mezouar, a réaffirmé l’ambition africaine de son pays, laquelle repose sur un partenariat équilibré : « le monde sera différent durant les 20 prochaines années. C’est pour cela que nous avons une belle histoire à construire. Notre continent bouge, il a des élites exceptionnelles et des problèmes à résoudre. Le 20ème siècle a été celui des indépendances. Nous avons mis beaucoup de temps à sortir du colonialisme et aujourd’hui nous avançons. C’est le début de la renaissance, qui dépendra de notre capacité à transformer notre réalité». Et Mezouar de poursuivre, en insistant sur le partenariat solidaire et équilibré : « Le Maroc est parti vers ses frères et sœurs africains pour parler le langage des cœurs et construire l’avenir à partir de nos expériences réciproques.

Nous apprenons aussi de l’expertise et de l’expérience de nos partenaires africains», a ajouté le ministre des Affaires étrangères dans des propos inspirés du discours historique du Roi Mohammed VI à Abidjan il y a deux ans jour pour jour : « l’Afrique doit faire confiance à l’Afrique », avait déclaré le souverain sur les bords de la lagune Ebrié. N’est-ce pas cette vision de destins partagés et complémentaires qui devrait constituer le fil conducteur pour relever le défi de l’électrification? «Électrification oui, mais quelle électrification, celle du 19ème siècle ou celle des Smart grid», s’interroge le ministre en substance? A dix mois de la COP 22, prévue du 7 au 18 novembre 2016 à Marrakech, ce thème de l’Energie abordé à Casablanca sonne comme un avant goût de ce qui sera la «réunion du concret», ce grand rendez-vous en terre africaine autour des enjeux du développement durable. «Si l’Afrique veut peser dans les relations internationales, il lui faut un partenariat sud-sud allant au delà du slogan». Ces rapports sud-sud sont essentiels et nécessaires à l’équilibre du monde.

Tony Elumely en attraction

L’un des grands moments de cette séance inaugurale fut sans conteste l’intervention de Tony Elumely, Président de United Bank for Africa (UBA), qui s’exprimait en tant que président de sa fondation, Heirs Holdings. Après avoir appelé à rompre les barrières entre l’Afrique du Nord, qu’on a tendance, regrette-t-il, à classer dans le Moyen-Orient et sa consœur subsaharienne, et l’Afrique francophone de l’Anglophone, le nigérian a invoqué un chiffre qui résume la situation. «Le commerce interafricain représente 3% des échanges interafricains.

C’est pourquoi nous devons intensifier les échanges et la coopération en allant, au delà de l’agriculture et de l’énergie, vers tous les secteurs d’activité». Pour le banquier nigérian, le secteur privé a un rôle prépondérant à jouer dans ces échanges inter-africains. Pour sa part, Jean-Louis Borloo, président de la Fondation Energie pour l’Afrique, est revenu sur le contexte du forum, à mi-chemin entre la COP21 de Paris et la COP22 de Marrakech, un événement crucial. «L’accès à l’énergie est le pré-requis à l’accès à tous les autres droits», soutient-il. Aux yeux de l’ancien ministre français de l’Environnement, l’accès à l’énergie est un problème éminemment politique. Pour clore cette cérémonie d’ouverture, la Directrice générale de Maroc Export, Zahra Maâfiri, a appelé au développement du label « Made In Africa » et à l’intensification des échanges entre les structures nationales chargées de la promotion de l’export.

4800 rendez-vous concrétiser

Le lendemain, les quelque 2400 opérateurs économiques et institutionnels, africains et internationaux, issus de 29 pays se sont retrouvés pour poursuivre les débats et les rencontres d’affaires. Il faut souligner que ce sont pas moins de 4800 rendez-vous qui ont eu lieu en marge des panels du Forum. L’agroalimentaire, les «BTP et le génie civil», et «le commerce et distribution» ont été les secteurs qui ont compté le plus de demandes de partenariat entre acteurs économiques présents à cette édition. «Je ne doute pas que les rencontres intenses menées tout au long de ces deux journées donneront lieu à de multiples projets de développement et de coopération multiformes : commerciaux, investissements, joint-ventures. Je formule également le vœu que chacun d’entre nous, puisse une fois de retour chez soi, communiquer à ses partenaires clients ou fournisseurs l’enthousiasme observé lors de ce forum, et les entrainer avec lui dans cette formidable aventure africaine de l’intégration sud-sud», a déclaré Mohamed El Kettani, dans son allocution de clôture, marquée par les interventions de nombreuses personnalités. C’est ainsi que Dissa Alpha Omar, ministre de l’Energie, des mines et des carrières (Burkina Faso) a souligné que«pour nous les idées sont claires, il est important aujourd’hui à ce qu’on ouvre la production de l’électricité au privé parce que nos Etats sont économiquement faibles. Dans le sens où aujourd’hui nous avons besoin de croissance, les sociétés étatique sont montré leurs limites.

Il faut avoir un mécanisme structuré et maitrisé et ouvrir les investissements au privé». Prenant la parole à la suite, ce fut le tour de Birima Mangara, ministre délégué en charge du Budget (Sénégal) de relever que «notre continent dispose d’énormes potentialités, une richesse qui ne profite pas à ses enfants. En effet, exporter des produits de base comme nous le faisons correspond à transférer les emplois dont nous avons tous besoin. Réaffirmer la disponibilité du Sénégal à contribuer aux ambitions d’une Afrique prospère où le secteur privé aura un rôle central à jouer. Je voudrais engager tous les participants à jouer le rôle qui est le leur et qui devrait aider à impulser une Afrique nouvelle».

 

Trophées de la Coopération Sud-Sud Le 1er prix à AZUR premier S.A du Cameroun

Comme lors des précédentes éditions, le Forum international Afrique développement 2016 a décerné aux entreprises méritantes les « Trophées de la Coopération sud-sud ». Ainsi, le premier prix a été décerné à AZUR S.A., société de savonnerie et d’huile de cuisine raffinée au Cameroun. Les deuxième et troisième prix ont été remis respectivement à Teylium Properties Sénégal, entreprise spécialisée dans la promotion et la gestion immobilière et à One Tech Group Tunisie, entité spécialisée dans la câblerie, la mécatronique et les télécoms en Tunisie. Le jury des « Trophées de la Coopération sud-sud » était présidé cette année par Mme Ouided Bouchamaoui, Présidente de l’UTICA (Union tunisienne du commerce, de l’industrie et de l’artisanat), Prix Nobel de la Paix2015 (Tunisie). «Le monde a son Davos, l’Afrique a son Forum international Afrique développement. Il faudra désormais compter avec ce Forum, devenu un rendez-vous incontournable pour l’ensemble des opérateurs africains», a-t-elle déclaré. Elle était secondée par Jean Kacou Diagou, Président du Groupe NSIA, de la Confédération générale des entreprises de Côte d’Ivoire (CGCI) et de la Fédérations des organisations patronalesde l’Afrique de l’ouest (FPAO).

Trophées de la Coopération Sud-Sud

 

Un 4ème Livre Blanc dans le pipe

Trois panels ont été organisés tout au long de ces deux jours de rencontre à Casablanca. Ces panels, articulés autour de thématiques importantes telles que «Transformation du secteur agricole : d’une activité de subsistance à un moteur de développement de l’économie et des entreprises», «Entrepreneuriat en Afrique: libérer les énergies» et «Quel modèle d’électrification pour le continent africain?», ont donné lieu à des recommandations formulées par les participants. Ces recommandations seront par la suite retranscrites dans un 4ème Livre Blanc destiné aux décideurs publics et gouvernementaux, à l’instar des éditions précédentes

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