Réunis à Bamako, les ministres de la Culture de la Confédération des États du Sahel (AES) ont validé l’hymne officiel de l’organisation. Ce nouvel emblème vient renforcer l’identité commune du Mali, du Burkina Faso et du Niger, dans un contexte régional marqué par une volonté affirmée d’indépendance
Après trois jours de travaux en présence de 15 experts de la région, les ministres de la Culture des pays membres de l’Alliance des États du Sahel ont officialisé, vendredi 09 mai à Bamako, l’hymne de la Confédération. Ce texte musical se veut le reflet des idéaux et des aspirations des trois nations sahéliennes.
Lors de la cérémonie de clôture, le colonel-major Abdourahamane Amadou, ministre nigérien des Transports et de l’Aviation civile, représentant le ministre de la Culture, a salué une œuvre «incarnant nos espoirs, nos rêves et notre détermination à bâtir des sociétés plus justes, plus inclusives et prospères.» Selon lui, chaque parole de l’hymne porte les valeurs fondatrices de l’AES : liberté, paix et respect.
Un symbole fédérateur et mobilisateur
L’hymne adopté est destiné à devenir un élément central de la conscience collective des peuples sahéliens. «Que cet hymne soit un véritable point de ralliement pour nos nations», a exhorté le ministre nigérien, appelant à le chanter «avec fierté et détermination» pour célébrer la victoire des peuples et de l’AES.
Cette adoption s’inscrit dans la continuité des efforts de construction identitaire de la Confédération. En février 2025, les ministres de l’AES, réunis déjà à Bamako, avaient dévoilé le drapeau officiel de l’organisation après sa validation par les chefs d’État. Le logo avait également été approuvé.
Un processus d’édification politique et culturelle
Le nouvel hymne sera prochainement présenté au président en exercice de l’AES, le général d’armée Assimi Goïta, Président de la transition malienne. Cette initiative marque une étape symbolique dans la structuration institutionnelle de l’Alliance.
L’AES a vu le jour le 16 septembre 2023, dans un contexte de tensions régionales. Sa création a été motivée par la menace d’intervention militaire brandie par la Cédéao pour rétablir l’ancien Président nigérien déchu, Mohamed Bazoum. En janvier dernier, le Mali, le Burkina Faso et le Niger ont acté leur retrait de la Cédéao, dénonçant une organisation jugée inféodée à la France, leur ancienne puissance coloniale.
Un ancrage régional assumé
L’Alliance des États du Sahel s’enracine dans l’espace géographique du Liptako-Gourma, une région transfrontalière historiquement partagée entre les trois pays membres. En adoptant un hymne commun, ces États renforcent leur ancrage dans une démarche d’intégration politique, culturelle et souveraine face aux défis sécuritaires et géopolitiques de la région.











