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Interview : Abdoulaye Coulibaly, Président de l’Association des transporteurs aériens francophones (ATAF)

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Depuis un peu plus de trois ans, Abdoulaye Coulibaly, également Président du Conseil d’administration d’Air Côte d’Ivoire, œuvre à l’essor du transport aérien en Afrique surtout à travers les compagnies aériennes d’Afrique francophones. Dans cette interview, le président de l’Association des transporteurs aériens francophones (ATAF) revient sur la situation de cette organisation sous-régionale qui regroupe 16 membres.

 

“La sous-capitalisation est l’un des principaux problèmes car le transport aérien est très capitalistique”

 

AFRIMAG : Comment les compagnies africaines ont-elles traversé la période si difficile qu’elles viennent de vivre à la suite du COVID-19 ?

Abdoulaye Coulibaly : Les compagnies aériennes africaines ont beaucoup souffert du Covid-19. En effet, nous avons connu quatre mois d’arrêt total des activités en 2020 et à la reprise, le trafic avait baissé de moitié compte tenu des nombreuses restrictions de voyages imposées.

Aussi, les subventions accordées par les Etats n’ont pas toujours été à la hauteur des préjudices subis par les compagnies aériennes. C’est une bataille pour la survie au quotidien.

Les compagnies africaines souffrent-elles de difficultés pour assurer leur développement ? On parle de sous-capitalisation mais il peut y avoir d’autres sujets plus aigus…

La sous-capitalisation est l’un des principaux problèmes car le transport aérien est très capitalistique.

Il existe d’autres obstacles :

Le premier concerne l’actionnariat dans lequel l’on retrouve généralement l’Etat, un partenaire technique et le privé, dont les intérêts divergent ;

Le deuxième obstacle porte sur les situations de monopoles au niveau des plateformes aéroportuaires, qui contribuent fortement à obérer les coûts de production ;

Le troisième obstacle est l’étroitesse du marché face au nombre important d’intervenants.

 

Comment se passe la coopération entre les transporteurs africains ? Y-a-t-il certains antagonismes entre les membres de l’ATAF et les compagnies de l’Afrique de l’Est ?

Les relations sont bonnes entre les compagnies africaines membres de l’ATAF. Il n’y a pas de problème particulier à noter. Nous avons des accords de coopération à travers des interlines et des codes share mais selon moi, ces coopérations nécessitent d’être approfondies et élargies à plus de domaines pour une meilleure efficacité.

La plupart des compagnies africaines membres de l’ATAF sont également membre de l’AFRAA. Cela pose-t-il un problème ?

A mon sens, cela ne pose pas de problème car les deux entités que sont l’ATAF et l’AFRAA, ont des objectifs complémentaires. La première travaille à construire un dialogue efficace entre les compagnies aériennes francophones tout en favorisant un transfert de technologie entre celles du nord et celles du sud, quand la seconde œuvre à améliorer la coopération entre les compagnies africaines en vue d’accélérer l’intégration économique et sociale des pays africains.

Estimez-vous que le partage des droits de trafic entre les transporteurs africains et ceux des autres continents soit équitable ?

Malheureusement, non !

Dans notre région, des droits de trafic de 5ème liberté sont accordés à des mastodontes qui mettent de la surcapacité sur certaines lignes stratégiques pour nos petites compagnies.

Nous observons un déséquilibre des capacités dans la relation bilatérale où il n’y a pas de réciprocité.

Les compagnies membres de l’ATAF viennent de plusieurs horizons et pas seulement d’Afrique. Allez-vous étendre votre présence en intégrant par exemple des compagnies canadiennes, voire d’autres pays ?

Oui bien sûr, nous sommes ouverts à tout nouvel adhérent.

Le groupe Air France/KLM est un grand partenaire de l’ATAF. Sa taille est considérable comparée à celle des autres transporteurs. Cela vous pose-t-il un problème?

C’est vrai, il y a de grandes compagnies qui sont membres de l’ATAF. Nous ne voyons pas cela comme un problème mais plutôt comme une force pour notre association.

L’ATAF est en capacité de délivrer son agrément aux agents de voyages. Comptez-vous développer les relations avec le circuit de distribution ?

Oui, bien sûr !

Nous réfléchissons à élargir le réseau actuel des agences ATAF et pour cela, nous travaillons à leur proposer un nouveau système de distribution efficace et moins onéreux que les GDS classiques.

L’Assemblée générale de l’ATAF se tiendra à Nice juste après l’APG World Connect qui aura lieu à Monaco et avec lequel un partenariat a été institué. Serez-vous présent à Monaco pour cet évènement ?

Sauf cas de force majeure, l’APG Connect est inscrit dans mon agenda.

Que peut-on souhaiter à l’ATAF et particulièrement aux transporteurs africains pour l’année prochaine ?

La pandémie du Covid-19 a fait drastiquement baisser la demande en voyages et occasionné d’énormes pertes qui mettent en danger l’existence des compagnies aériennes à travers le monde. Je pense donc que ce que nous pouvons souhaiter de plus cher aux compagnies membres de l’ATAF, c’est beaucoup de résilience face aux effets de cette pandémie, à travers un recouvrement plus rapide de leur capacité, leur trafic et leurs recettes. J’espère qu’aucune compagnie aérienne africaine ne fera faillite dans ce contexte particulièrement difficile.

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